Home SantéLes facteurs de risque pulmonaire font des régurgitations un danger

Les facteurs de risque pulmonaire font des régurgitations un danger

by Sophie Martin

Publié le 24 octobre 2025 18:40:00. Le reflux gastro-œsophagien nocturne (RGO) pourrait être un facteur aggravant de certaines affections pulmonaires chez les personnes présentant déjà des risques, selon une vaste étude suédoise. Les chercheurs recommandent une attention particulière aux patients souffrant de RGO et de pathologies respiratoires préexistantes.

  • Une étude de cohorte portant sur près de 29 000 personnes a révélé une association entre le RGO nocturne et certaines anomalies pulmonaires détectées par tomodensitométrie thoracique.
  • Cette association est plus marquée chez les individus présentant d’autres facteurs de risque pour les maladies respiratoires, tels que le tabagisme ou l’asthme.
  • L’étude ne démontre pas de lien direct entre le RGO nocturne et les anomalies pulmonaires chez les personnes sans facteurs de risque préexistants.

Le reflux gastro-œsophagien nocturne (RGO), caractérisé par le remontée d’acide gastrique dans l’œsophage pendant le sommeil, est souvent suspecté de jouer un rôle dans le développement de maladies pulmonaires interstitielles et d’autres troubles respiratoires. Une équipe de chercheurs de l’Université d’Uppsala, dirigée par Össur Ingi Emilsson, a cherché à déterminer si cette hypothèse était fondée, en analysant le lien entre le RGO nocturne et les anomalies pulmonaires visibles sur des scanners thoraciques.

Pour mener à bien cette étude, les chercheurs se sont appuyés sur les données du programme suédois Étude de bioImage CARdioPulmonaire (SCAPIS), une vaste étude de cohorte nationale axée sur les maladies cardiovasculaires et la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO). Près de 29 000 personnes âgées de 50 à 64 ans ont été interrogées sur la fréquence de leurs symptômes de RGO nocturne. Les participants signalant des symptômes au moins une nuit par semaine ont été classés comme souffrant de RGO nocturne.

Les tomodensitométries thoraciques (scanners) ont ensuite été analysées pour identifier la présence d’anomalies pulmonaires, telles qu’un épaississement de la paroi bronchique, des bronchectasies (dilatation anormale des bronches), des anomalies réticulaires (aspect en réseau), des nids d’abeilles, des kystes et des opacités en verre dépoli. Les chercheurs ont également pris en compte des facteurs de risque connus pour les maladies pulmonaires, comme le tabagisme, l’asthme, les maladies inflammatoires de l’intestin et les maladies auto-immunes.

Les résultats ont révélé que le RGO nocturne était présent chez 9,4% des participants. Chez les 4 004 personnes présentant des facteurs de risque de modifications pulmonaires, le RGO nocturne était associé à une augmentation du risque d’épaississement de la paroi bronchique (rapport de cotes ajusté, aOR, 1,25) et de modifications réticulaires (aOR, 1,51), mais à une diminution du risque de kystes (aOR 0,68). En revanche, chez les 2 555 participants sans facteurs de risque, aucun lien significatif n’a été observé entre le RGO nocturne et les anomalies pulmonaires détectées à l’imagerie.

Sur la base de ces résultats, les auteurs de l’étude recommandent que les personnes souffrant de reflux gastro-œsophagien nocturne, en particulier celles présentant d’autres facteurs de risque pour les maladies respiratoires, fassent l’objet d’un suivi médical attentif et d’une prise en charge appropriée.

Source : Emilsson ÖI et al. Thorax 2025 ; 10.1136/thorax-2024-222570

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