Publié le 8 octobre 2025 à 03h29. Une vaste étude française révèle un écart croissant en mathématiques entre les garçons et les filles dès le début de la scolarité, soulevant des questions sur les causes et les conséquences potentielles de cette divergence.
- Une étude menée auprès de plus de 2,5 millions d’enfants de cinq à sept ans entre 2018 et 2022 a mis en évidence un écart significatif en mathématiques entre les garçons et les filles qui se creuse au fil du temps.
- Cet écart n’est pas lié au type d’établissement scolaire (public ou privé) ni au niveau socio-économique des familles.
- Les chercheurs s’interrogent sur l’origine de ces différences – biologiques ou environnementales – et sur les mesures à prendre pour réduire cet écart.
Des chercheurs français ont récemment publié une étude d’envergure dans la prestigieuse revue Nature qui met en lumière une différence notable dans les compétences mathématiques entre les garçons et les filles, et ce, dès les premiers mois de la scolarité. L’étude, menée sur un échantillon impressionnant de plus de deux millions et demi d’enfants âgés de cinq à sept ans entre 2018 et 2022, révèle que cet écart n’est pas influencé par le type d’école fréquentée ou par la situation socio-économique des familles.
Les résultats indiquent qu’au début de la première année, les performances moyennes en mathématiques (chiffres et espace) sont similaires chez les garçons et les filles. Cependant, après seulement quatre mois, les garçons commencent à obtenir de meilleurs résultats, un écart qui se prononce au cours de la deuxième année scolaire. À ce stade, les garçons ont plus de chances de réussir en mathématiques que les filles.
L’étude souligne que ces différences de performance ne sont pas corrélées au type d’établissement scolaire ou au niveau socio-économique familial. Elles persistent dans tous les cas étudiés et dans toutes les régions de France. De plus, la présence ou l’absence des parents, ainsi que leur profession (scientifiques ou ingénieurs) ou la structure familiale (biparentale ou monoparentale) n’ont pas d’impact sur ces résultats.
Cette découverte soulève deux questions cruciales. La première concerne l’origine de ces différences : sont-elles dues à des facteurs biologiques, à des influences environnementales, ou à une interaction entre les deux ? La seconde question porte sur les actions à entreprendre pour atténuer cet écart, si celui-ci persiste, afin d’éviter qu’il ne crée des biais ou des inégalités dans le parcours scolaire et professionnel des enfants.
Compte tenu du fait que les différences n’apparaissent qu’après le début de la scolarité, il semble pertinent de rechercher les causes de cet écart davantage dans l’environnement éducatif et les préjugés potentiels que dans des raisons biologiques innées. Les attitudes et les pratiques des enseignants ou des parents, qui pourraient conduire à un traitement différentiel des enfants en fonction de leur sexe, pourraient-ils être des facteurs déterminants ? Il est important de noter que ces différences ne sont pas observées chez les bébés ou les jeunes enfants.
Certains professionnels de l’enseignement primaire suggèrent que l’écart pourrait également être lié à une plus grande anxiété des filles face aux mathématiques et à une moindre anxiété chez les garçons. Cela pourrait inciter les enseignants (et potentiellement les parents) à encourager davantage les garçons que les filles dans les activités liées aux nombres et à l’espace. Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour confirmer ces hypothèses et comprendre les mécanismes en jeu. Il est également crucial de prendre en compte la possibilité que les parents, les enseignants et les éducateurs puissent involontairement transmettre aux enfants des stéréotypes socioculturels infondés selon lesquels les garçons seraient naturellement plus doués en mathématiques que les filles.
Ce sujet s’inscrit dans un contexte plus large d’étude des biais de genre et de leur impact sur les choix éducatifs et professionnels. matière grise est un espace dédié à l’exploration du fonctionnement du cerveau et de son influence sur le comportement humain.
