Pakistan a rapporté une baisse de 66 % des attaques terroristes sur une période de cinq semaines entre septembre et octobre, tandis que le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi a informé l’Assemblée nationale que les forces de sécurité ont tué 2 410 militants lors de 5 143 opérations antiterroristes à travers le pays du 1er janvier au 29 septembre.
Les forces de sécurité pakistanaises ont intensifié leurs opérations antiterroristes à travers le pays, affichant des bilans officiels importants alors que les données de la période récente traduisent un recul sensible des assauts armés. Selon les chiffres publiés par l’institut spécialisé Pakistan Institute for Conflict and Security Studies (PICSS), le nombre d’incidents est passé de 61 attaques enregistrées entre le 18 et le 24 septembre à 21 attaques du 16 au 22 octobre.
Cette baisse de 66 % sur cinq semaines s’accompagne également d’une diminution de 38 % par rapport à la semaine précédente. Pour autant, la consolidation de ces résultats dépendra de la pression opérationnelle continue et du maintien des actions de renseignement dans les zones sous tension.

Bilan des opérations et actions dans les provinces
À l’échelle nationale, le ministre de l’Intérieur Mohsin Naqvi a fourni un rapport détaillé devant l’Assemblée nationale concernant les descentes et interventions menées entre le 1er janvier et le 29 septembre. Au total, les services de l’État ont conduit 5 143 opérations dans le cadre du Plan d’action national.
| Résultat des opérations | Nombre de cas |
|---|---|
| Militants tués | 2 410 |
| Militants blessés | 806 |
| Personnes arrêtées | 3 518 |
Dans la province du Baloutchistan, les forces armées poursuivent leurs efforts sous l’égide de l’opération Radd-ul-Fitna III. Une intervention récente menée sur la base de renseignements à Qila Saifullah a notamment permis d’abattre un haut responsable, identifié sous le nom d’Adil Shah, alias Darvesh, présenté par les sources sécuritaires comme un commandant lié au réseau Fitna-al-Khawarij et impliqué dans des affaires de financement, d’enlèvements et d’attentats.
Défis institutionnels et mesures sur l’identité
Malgré les succès tactiques sur le terrain, le rapport présenté au parlement a mis en lumière des vulnérabilités institutionnelles notables, en particulier dans la lutte contre l’extrémisme en ligne. Le ministère a reconnu que la menace numérique n’avait pas bénéficié d’une attention suffisante et que les autorités fédérales et provinciales manquaient d’un mécanisme de coordination systématique. De plus, les agences de sécurité et les unités de renseignement souffrent d’une pénurie d’analystes formés pour assurer une surveillance continue.

Sur un autre volet administratif, l’exécutif a annoncé l’annulation des cartes d’identité pakistanaises de 326 341 ressortissants afghans au cours des cinq dernières années, le statut juridique de ces derniers ayant été jugé irrégulier. Par ailleurs, des contraintes budgétaires pèsent sur l’appareil de coordination : l’Autorité nationale de lutte contre le terrorisme (NACTA, qui ne dispose pas de pouvoirs de police indépendants, avait demandé plus de 2,98 milliards de roupies pour l’exercice fiscal 2026-2027, mais n’a reçu que 1,33 milliard de roupies pour l’année en cours. Le ministère prévoit de transformer cette entité en une division spécialisée.