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Les forêts silencieuses de Suède, sanctuaires d’un monde bruyant

Publié le 15 novembre 2023 06:00:00. Pour sensibiliser au problème croissant de la pollution sonore, l'agence de tourisme Visit Skåne a invité des couples à passer quelques jours dans un chalet suédois en respectant un strict silence, une…

Les forêts silencieuses de Suède, sanctuaires d’un monde bruyant

Publié le 15 novembre 2023 06:00:00. Pour sensibiliser au problème croissant de la pollution sonore, l’agence de tourisme Visit Skåne a invité des couples à passer quelques jours dans un chalet suédois en respectant un strict silence, une expérience révélatrice sur les bienfaits du calme.

  • La pollution sonore est le deuxième facteur environnemental le plus nocif pour la santé des Européens, après la pollution atmosphérique.
  • Trois couples ont participé à l’expérience « Silent Cabin », où les conversations étaient limitées à 45 décibels sous peine d’être expulsés.
  • L’Agence européenne pour l’environnement (AEE) souligne que des solutions individuelles ne suffisent pas à résoudre le problème de la pollution sonore.

Au cœur d’une forêt suédoise, un chalet isolé a servi de cadre à une expérience singulière. Trois couples ont été invités à y séjourner pendant quatre jours, avec une contrainte inhabituelle : maintenir un niveau sonore minimal. L’objectif ? Mettre en lumière les effets néfastes de la pollution sonore et promouvoir la tranquillité scandinave.

L’idée est née d’une observation simple : pour de nombreux touristes, l’attrait de la Suède réside dans son calme et sa nature préservée. « Les gens choisissent la Suède pour se détendre, pour le calme, la relaxation et pour vivre des expériences en pleine nature », explique Josefine Nordgren, de Visit Skåne, l’agence de tourisme régionale qui a organisé l’opération « Silent Cabin ». Elle souligne également que la pollution sonore en Allemagne, par exemple, est dix fois plus élevée qu’en Suède.

Selon l’Agence européenne pour l’environnement (AEE), le bruit est le deuxième facteur environnemental le plus préjudiciable à la santé des Européens, après la pollution de l’air. Une personne sur cinq dans l’Union européenne est exposée à des niveaux sonores dangereux pour sa santé, avec des conséquences sur la santé mentale et le système cardiovasculaire.

Pour garantir le respect de la règle des 45 décibels – un niveau de conversation normal se situant autour de 60 décibels – un sonomètre a été installé dans le chalet. Les participants étaient informés que tout dépassement prolongé du seuil autorisé pourrait entraîner leur expulsion. Lise Holm, une jeune femme de 26 ans originaire de Tübingen en Allemagne, qui a participé à l’expérience avec sa sœur Johanna, témoigne : « Il était très important d’avoir cet outil pour prendre le défi au sérieux. »

Les couples, tous citadins, ont rapidement trouvé leurs marques dans ce chalet douillet, équipé d’un grand lit, d’une petite table et d’un poêle à bois, niché au milieu des arbres aux couleurs automnales, près d’un ruisseau. La salle de bain et la cuisine se trouvaient dans la maison principale du propriétaire, à quelques pas de là.

L’expérience a eu un impact profond sur les participants. Lise Holm se décrit comme une « nouvelle personne », ayant pris conscience de l’importance du silence. « Nous avons entendu des sons que l’on ne perçoit pas dans le bruit quotidien, dans cette course effrénée », ajoute sa sœur Johanna.

Josefine Nordgren de Visit Skåne insiste sur les bienfaits du silence pour la santé physique et mentale : « Rester calme et silencieux, en dessous de 45 décibels, a une influence positive sur le corps et l’esprit. » Lise Holm confirme cette observation, affirmant que son niveau d’énergie a considérablement augmenté et qu’elle ressent un « bonheur profond et un sentiment de pouvoir changer le monde ».

Cependant, l’AEE met en garde contre les solutions individuelles. Eulalia Peris, experte de l’agence, souligne que « déménager dans une zone calme ne résout pas le problème si l’on doit ensuite se rendre en ville en voiture ». Elle appelle à des mesures plus globales, telles que la réduction des limitations de vitesse, la limitation du bruit des moteurs, l’aménagement de zones tampons et la promotion des modes de transport actifs comme la marche et le vélo. « Le problème du bruit ne sera pas résolu par une seule solution », conclut-elle.

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À propos de l’auteur: Amélie Bernard

Amélie Bernard traite l’économie, les entreprises, les marchés et les transformations du travail. Son approche relie les chiffres, les décisions publiques et leurs effets dans la vie quotidienne.