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Les fournisseurs ont du mal avec la règle d’interopérabilité

by Sophie Martin

Moins d’un an avant l’entrée en vigueur d’une nouvelle réglementation sur l’interopérabilité des données de santé, près de la moitié des professionnels de santé français n’ont pas encore entamé les préparatifs nécessaires, selon une étude récente. Cette situation soulève des inquiétudes quant à la capacité du secteur à respecter la date limite fixée au 1er janvier 2027.

Une enquête menée en octobre par le Groupe de travail sur l’échange de données informatisées (WEDI) révèle que 47 % des prestataires de soins de santé interrogés n’ont pas commencé à mettre en œuvre les exigences de la règle finale d’interopérabilité et d’autorisation préalable, connue sous le nom de CMS-0057-F. Cette réglementation impose l’utilisation d’interfaces de programmation d’applications (API) pour faciliter le partage de données et simplifier les procédures d’autorisation préalable.

Bien que ce chiffre représente une légère amélioration par rapport aux 52 % constatés lors de l’enquête précédente de WEDI, réalisée en janvier et février 2025, la perspective de conformité reste incertaine pour de nombreux acteurs du secteur. Seuls 47 % des prestataires s’attendent désormais à respecter la date limite, contre 69 % lors de l’enquête précédente.

L’incertitude financière constitue un obstacle majeur. Plus de la moitié des prestataires (55 %) ne disposent pas d’une estimation précise du coût total de la mise en œuvre de ces nouvelles exigences, y compris la formation du personnel. Ce pourcentage est en augmentation par rapport aux 44 % enregistrés lors de l’enquête précédente.

Les principaux défis identifiés par les professionnels de santé sont le développement de nouveaux flux de travail, l’acquisition d’une expertise interne suffisante et la coordination des tests avec les fournisseurs et les organismes d’assurance maladie. Ces préoccupations diffèrent de celles exprimées lors de l’enquête précédente, où le financement, la définition d’une stratégie d’interopérabilité globale et la compréhension des différents réseaux étaient considérés comme les principaux obstacles.

L’enquête souligne également des divergences quant aux rôles du personnel qui seront impliqués dans le nouveau processus d’autorisation préalable basé sur les API. 19 % des prestataires s’attendent à ce que les cliniciens participent directement au processus sur le lieu de soins, tandis que 19 % prévoient que d’autres membres du personnel clinique en seront chargés. Les rôles administratifs, notamment les coordinateurs de référence (12,5 %) et d’autres membres du personnel administratif (25 %), joueront également un rôle important.

L’importance accordée à la participation des organismes d’assurance maladie a considérablement augmenté. 56 % des prestataires estiment désormais qu’il est essentiel que la majorité de leurs payeurs respectent les exigences de l’API d’autorisation préalable, contre 41 % lors de l’enquête précédente.

L’enthousiasme pour la mise en œuvre de certains aspects de la réglementation semble également diminuer. Seuls 44 % des prestataires se disent désormais susceptibles de mettre en œuvre l’API d’accès aux données des patients, contre 72 % auparavant.

Les professionnels de santé interrogés ont identifié trois types de formation comme étant essentiels à une mise en œuvre réussie : les meilleures pratiques du secteur, la conception et la modification des flux de travail, et la formation technique avancée sur la mise en œuvre des API. La majorité des répondants (68 %) soutiennent une approche progressive de la mise en œuvre des trois exigences d’autorisation préalable : la découverte des exigences de couverture (CRD), les modèles et règles de documents (DTR) et le traitement des demandes d’autorisation préalable (PAS). 40 % préconisent de commencer par la CRD, suivie de la DTR puis de la PAS.

« À un peu plus d’un an de la date de conformité du 1er janvier 2027, il est préoccupant de constater que 43 % des organismes d’assurance maladie et 47 % des prestataires n’ont pas encore commencé leur processus de mise en œuvre », a déclaré Robert Tennant, directeur exécutif de WEDI. « Bien que ces chiffres soient meilleurs que ceux de notre enquête précédente, ils indiquent qu’il reste encore beaucoup de travail à accomplir pour l’ensemble du secteur. »

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