Publié le 17 novembre 2023 16h47. La voiture reste indispensable au quotidien pour de nombreux Lituaniens, malgré les coûts et les difficultés de circulation, témoignent plusieurs personnalités de la région de Klaipėda. Des alternatives existent, mais elles peinent à s’imposer face à un réseau de transports en commun déficient.
- Eugénijus Gentvilas, député, souligne l’importance de la voiture pour ses déplacements professionnels entre Vilnius et Klaipėda.
- Nijolė Laužikienė, directrice de musée, estime que la voiture est une nécessité en raison du manque d’infrastructures de transport en commun dans sa région.
- Plusieurs personnes interrogées pointent du doigt les embouteillages croissants à Klaipėda et le manque de fiabilité du réseau ferroviaire.
Pour de nombreux Lituaniens, la voiture est bien plus qu’un simple moyen de transport : elle représente une nécessité, un outil de travail, voire un symbole de liberté. C’est ce que révèlent les témoignages de plusieurs personnalités de la région de Klaipėda, interrogées sur leur rapport à l’automobile.
Eugénijus Gentvilas, membre du Seimas (parlement lituanien), explique qu’il possède deux véhicules. « J’utilise la voiture quotidiennement pour mes déplacements entre Vilnius et Klaipėda, ainsi que pour visiter les différentes sections de mon parti », confie-t-il. Il précise que la seconde voiture est réservée à un usage personnel et que son carburant n’est pas payé avec des fonds publics. Il regrette toutefois le manque d’alternatives efficaces : « Si nous avions un réseau ferroviaire et routier aussi développé que celui de la Suède, il serait peut-être possible de s’en passer. Ma fille, qui vit en Suède à moins de 120 kilomètres de son lieu de travail, se rend au travail en train et en bus. Elle n’a pas besoin de voiture. »
Le constat est partagé par Nijolė Laužikienė, directrice du musée Jonas Šliūpas du Musée national lituanien de Palanga. « Une voiture est une nécessité pour moi », affirme-t-elle. « Je travaille à Palanga et j’habite dans la Vallée Verte, à la périphérie de Klaipėda. Toutes les commodités dont j’ai besoin se trouvent en ville. » Elle reconnaît que l’entretien d’une voiture est coûteux, mais juge qu’il n’y a pas d’autre solution : « Il faudrait alors abandonner son travail, changer de lieu de résidence, déménager en ville. »
Les difficultés du réseau ferroviaire lituanien sont également mises en avant. « De moins en moins de trains circulent, et la ligne Vilnius–Klaipėda est constamment en travaux », déplore M. Gentvilas. Il raconte que sa femme a été contrainte de prendre un bus après une panne de train, et ce, sur une distance de 25 kilomètres. « Le train n’est malheureusement pas une alternative viable à la voiture dans notre pays », conclut-il.
Poutinas Bielskis, professeur agrégé au Collège de commerce lituanien, partage ce constat. Il souligne que, bien qu’il utilise parfois les transports en commun le week-end, la voiture reste indispensable pour ses déplacements quotidiens entre son domicile et son lieu de travail. Il note également les embouteillages importants à Klaipėda, notamment aux heures de pointe sur l’avenue Taikos, le périphérique Yakų, la place Šilutė et la rue Minijos. « Beaucoup de gens prennent leur voiture pour aller travailler, ce qui me semble étrange. Si j’habitais en ville, je conduirais moins souvent », estime-t-il.
Aušra Feser, organisatrice d’événements au centre d’information culturelle et touristique Agila à Nida, utilise une voiture électrique pour ses déplacements vers Klaipėda et pour ses voyages personnels. Elle souligne l’importance de la voiture pour accéder aux commodités et aux services. Cependant, elle reconnaît que la situation est différente à Nida, où l’utilisation du vélo ou de la marche à pied est privilégiée. Elle évoque également les problèmes de stationnement à Nida, en particulier pendant la saison estivale.
Saulius Liekis, membre du conseil municipal, considère la voiture comme un moyen de transport et non comme un luxe. Il reconnaît que l’entretien d’une voiture est coûteux, mais souligne que les chantiers sont souvent encombrés de véhicules. Il estime que l’amélioration des infrastructures de transport en commun est essentielle pour encourager les habitants à utiliser moins leur voiture.
Genutė Kalvaitienė, chef de projet marketing à la Direction du port maritime de l’État de Klaipėda, confirme que la voiture est indispensable pour elle, notamment pour ses déplacements professionnels. Elle souligne que le coût d’entretien d’une voiture est supérieur à celui des transports en commun, mais que la voiture offre un confort indéniable. Elle évoque également les embouteillages qu’elle a pu observer lors d’un voyage d’affaires à Almaty, au Kazakhstan, et relativise les embouteillages à Klaipėda.

En conclusion, si certains, comme le Dr Vaidutis Laurėnas et le professeur Vytautas Paulauskas, choisissent de ne pas posséder de voiture, la majorité des personnes interrogées considèrent que l’automobile reste un outil indispensable au quotidien, en raison du manque d’alternatives viables et des contraintes géographiques et professionnelles.
