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Les gouvernements irlandais et britannique négocient la revendication Rockall

by Clara Dubois

Publié le 26 octobre 2023. Les gouvernements irlandais et britannique continuent de négocier l’accès aux eaux autour de Rockall, un îlot rocheux en Atlantique, après un blocage récent d’un accord potentiel par Londres. En jeu, les droits de pêche traditionnels des Irlandais dans cette zone contestée.

  • L’Irlande ne reconnaît pas la revendication de souveraineté britannique sur Rockall et, par conséquent, ne reconnaît pas l’existence d’une mer territoriale de 12 milles marins (22 km) autour de l’îlot.
  • Des négociations régulières sont en cours entre Dublin et Londres, ainsi qu’avec les autorités écossaises, pour trouver une solution durable.
  • Un accord provisoire, négocié entre l’Irlande et l’Écosse, avait été bloqué l’année dernière par le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron.

La question de Rockall, un minuscule rocher inhabitable situé à environ 296 kilomètres à l’ouest des îles écossaises de St. Kilda et à 370 kilomètres au nord-ouest du comté de Donegal, est une source de tensions diplomatiques et commerciales entre l’Irlande et le Royaume-Uni depuis des décennies. L’Irlande revendique un droit historique à la pêche dans les eaux environnantes, tandis que le Royaume-Uni, qui a revendiqué la souveraineté sur Rockall en 1955, maintient une position différente.

Le ministre d’État irlandais responsable de la pêche et de la marine, Timmy Dooley, a confirmé que des contacts réguliers étaient maintenus avec les autorités britanniques. Interrogé au Parlement sur les efforts déployés pour rétablir l’accès des pêcheurs irlandais à leurs “zones de pêche traditionnelles” autour de Rockall, il a réaffirmé la position constante de l’Irlande :

« L’Irlande ne reconnaît pas la revendication de souveraineté de la Grande-Bretagne sur Rockall. En conséquence, l’Irlande n’accepte pas qu’il existe une mer territoriale de 12 milles marins (22 km) autour de Rockall. »

Timmy Dooley, ministre d’État responsable de la pêche et de la marine

Selon la position irlandaise, un rocher incapable d’assurer une habitation humaine ne peut pas générer de mer territoriale. L’Irlande estime donc que l’accord commercial et de coopération (TCA) conclu avec le Royaume-Uni après le Brexit devrait s’appliquer à la zone située entre 12 et 200 milles marins autour de Rockall.

Les pêcheurs irlandais ont traditionnellement pêché l’aiglefin (soumis à quotas) et le calmar (non soumis à quotas) dans les eaux de Rockall. L’aiglefin est pêché à l’intérieur et à l’extérieur de la zone des 12 milles marins, tandis que le calmar est principalement capturé dans un rayon de 11 kilomètres. La lotte et la cardine sont également des espèces pêchées dans la région.

L’histoire de Rockall remonte à 1955, lorsque le Royaume-Uni a revendiqué la souveraineté sur l’îlot, alors considéré comme terra nullius (territoire sans maître). Motivée par des préoccupations liées à la guerre froide et à la surveillance de missiles, Londres a envoyé une équipe de Royal Marines et un naturaliste pour hisser le drapeau britannique et planter une plaque commémorative. L’Irlande n’a jamais contesté la souveraineté sur l’îlot lui-même, mais a toujours contesté le droit britannique d’établir une mer territoriale autour de celui-ci.

En 2021, un navire de patrouille de Marine Scotland a interpellé un bateau de pêche irlandais et lui a demandé de quitter la zone des 12 milles marins. L’année dernière, un accord entre l’Irlande et l’Écosse pour rétablir l’accès aux eaux autour de Rockall a été bloqué par David Cameron, alors ministre britannique des Affaires étrangères.

Le gouvernement irlandais continue de considérer cette question comme prioritaire et s’engage à trouver une solution qui tienne compte des intérêts des pêcheurs irlandais et des traditions de pêche établies dans la région. Le ministre Dooley a indiqué qu’il travaillerait en étroite collaboration avec la ministre des Affaires étrangères et du Commerce, Helen McEntee, pour faire avancer ce dossier.

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