Home MondeLes groupes de presse incitent la libération du journaliste arrêté dans le balayage de détention houthi – juriste

Les groupes de presse incitent la libération du journaliste arrêté dans le balayage de détention houthi – juriste

by Clara Dubois

Publié le 2025-10-01 00:31:00. L’arrestation d’un journaliste yéménite indépendant, Majed Zayed, par les autorités houthies suscite de vives inquiétudes quant à la liberté de la presse dans le pays, déjà fragilisée par un conflit prolongé et des restrictions croissantes.

  • Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) demande la libération immédiate de Majed Zayed, disparu après une visite médicale.
  • Cette disparition intervient après l’arrestation d’un poète et écrivain, Oras Al-Iryani, dans le cadre d’une campagne annuelle de répression ciblant les voix critiques.
  • Les atteintes à la liberté de la presse ne se limitent pas aux zones contrôlées par les Houthis, le gouvernement internationalement reconnu étant également accusé de restrictions.

Majed Zayed, journaliste indépendant, a disparu après avoir quitté un établissement médical, selon des informations rapportées par plusieurs organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse. Son sort actuel reste inconnu. Cette disparition coïncide avec une période de tensions politiques au Yémen, notamment à l’approche du 26 septembre, date de la fête de la République, non reconnue par les autorités houthies. Zayed avait récemment publié en ligne une chanson patriotique en lien avec cette date.

Le CPJ classe actuellement le Yémen au 154e rang sur 180 dans son indice mondial de la liberté de la presse, soulignant la précarité de la situation médiatique dans le pays. L’organisation a également fait état de sept autres journalistes toujours détenus par les Houthis. L’organisation SAM pour les droits et libertés a établi un lien entre les disparitions de Zayed et d’Al-Iryani et une volonté de réprimer toute commémoration de la révolution du 26 septembre, y compris les publications sur les réseaux sociaux et l’affichage de drapeaux.

Cette vague d’arrestations s’inscrit dans un contexte de restrictions croissantes à l’accès à l’information. Au début du mois de septembre, l’accès à la presse indépendante Barran Press à Marib a été bloqué. Les groupes de défense des droits de l’homme dénoncent une polarisation du paysage médiatique yéménite, où les médias sont souvent contraints de s’aligner sur les puissances locales.

Les menaces envers les journalistes ne sont pas l’apanage des zones contrôlées par les Houthis. En juillet dernier, le gouvernement internationalement reconnu du Yémen (IRG) a arrêté Abduljabar Bajabeer, directeur de la télévision, à Hadramout, suscitant des appels à la fin de l’intimidation des journalistes dans les territoires contrôlés par l’IRG. Un rapport récent de Human Rights Watch documente des abus commis par diverses parties au conflit, notamment les Houthis, le Conseil de transition du Sud et l’IRG, allant de la détention arbitraire et de la disparition forcée à la torture et à la fermeture de rédactions.

Le 10 septembre, une frappe israélienne a visé un complexe de journaux à Sanaa, tuant des dizaines de personnes, dont 31 journalistes et membres du personnel des médias. Le CPJ a qualifié cette attaque de la plus meurtrière contre les journalistes depuis 16 ans et de la deuxième plus importante qu’il ait enregistrée.

Les organisations de défense des droits de l’homme et de la liberté de la presse demandent une enquête transparente sur la disparition de Majed Zayed, ainsi que sa libération immédiate. Elles appellent également toutes les autorités au Yémen à mettre fin aux disparitions forcées et aux détentions arbitraires de journalistes et à garantir l’accès à une information indépendante.

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