Publié le 24 janvier 2025. Une nouvelle étude révèle un lien significatif entre le groupe sanguin et le risque de développer des maladies auto-immunes du foie, ouvrant la voie à une meilleure compréhension et potentiellement à une détection plus précoce de ces affections.
- Les personnes de groupe sanguin A ou B présentent un risque accru de maladies hépatiques auto-immunes.
- Le groupe sanguin O semble offrir une protection partielle contre ces maladies.
- Ces découvertes pourraient permettre d’affiner les stratégies de surveillance pour les personnes à risque.
Des chercheurs ont mis en évidence une association entre les groupes sanguins ABO – A, B, O – et la susceptibilité à trois maladies hépatiques auto-immunes : l’hépatite auto-immune, la cholangite biliaire primitive et la cholangite sclérosante primitive. L’analyse, menée sur une vaste cohorte de patients dans plusieurs centres, suggère que notre groupe sanguin héréditaire pourrait jouer un rôle plus important dans le développement de ces maladies qu’on ne le pensait jusqu’à présent.
L’étude a révélé que le groupe sanguin A est particulièrement associé à l’hépatite auto-immune, tandis que le groupe B est lié à un risque accru de cholangite biliaire primitive. À l’inverse, les individus de groupe sanguin O semblent bénéficier d’une certaine protection contre ces pathologies, une observation qui corrobore des associations protectrices déjà connues dans d’autres maladies à médiation immunitaire.
Selon les chercheurs, ces tendances pourraient s’expliquer par des mécanismes immunogénétiques. Les antigènes ABO, présents à la surface des cellules, pourraient influencer la tolérance immunitaire, la reconnaissance des antigènes et la signalisation inflammatoire, modifiant ainsi la vulnérabilité aux lésions hépatiques auto-immunes.
Il est important de souligner que le groupe sanguin ABO ne constitue pas un facteur prédictif isolé. Cependant, les auteurs estiment que cette information pourrait servir d’indicateur de risque supplémentaire, notamment pour les personnes ayant des antécédents familiaux de maladies auto-immunes ou présentant d’autres affections immunitaires. Cela pourrait justifier une surveillance plus attentive ou un diagnostic plus précoce.
Les maladies hépatiques auto-immunes, bien que relativement rares, peuvent être graves si elles ne sont pas diagnostiquées et traitées rapidement. Approfondir les connaissances sur les facteurs de risque génétiques et immunologiques est donc essentiel pour améliorer la prévention et la prise en charge de ces affections. Les chercheurs appellent à de nouvelles études, menées sur des populations plus larges et diversifiées, afin de confirmer ces associations et de mieux comprendre les mécanismes biologiques en jeu.
Référence
Hong Y et coll. Association entre le système de groupe sanguin ABO et la maladie hépatique auto-immune. Frontiers in Medicine. 2025 ; DOI : 10.3389/fmed.2025.1696577.