Publié le 27 septembre 2025 à 04h30. Les hausses de salaires dans le secteur de la construction irlandaise, bien que significatives, ne se traduisent pas nécessairement par des gains réels pour les travailleurs, selon le syndicat Unite, qui conteste un rapport de l’ESRI (Economic and Social Research Institute) évoquant un impact potentiel sur les objectifs de construction du gouvernement.
- Le rapport de l’ESRI signale une accélération des salaires dans le bâtiment, supérieure à celle observée dans l’ensemble de l’économie.
- Unite remet en question l’ampleur de ces augmentations, affirmant que ses membres ne les ressentent pas dans leurs revenus.
- La pénurie de main-d’œuvre et la concurrence pour les projets de logements sont pointées du doigt comme facteurs de tension.
Selon le dernier rapport trimestriel de l’ESRI, les salaires dans le secteur de la construction ont connu une progression rapide ces derniers mois. L’institut de recherche met en garde contre une potentielle surchauffe du secteur, confronté à une demande soutenue pour les projets de construction, de rénovation et d’infrastructures. Cette inflation salariale pourrait, à terme, freiner la réalisation des objectifs ambitieux du gouvernement en matière de logement.
James McCabe, responsable régional d’Unite, a vivement contesté les conclusions du rapport. Il souligne que les augmentations salariales de 10 % évoquées par l’ESRI ne correspondent pas à la réalité vécue par les travailleurs du bâtiment.
« Des augmentations de 10 % ne se retrouvent pas dans les poches de nos membres. »
James McCabe, responsable régional d’Unite
M. McCabe estime que les chiffres avancés par l’ESRI sont des estimations préliminaires, susceptibles d’être révisées. Il suggère que ces augmentations concernent principalement les postes de direction et ne reflètent pas la situation des plombiers, électriciens et charpentiers. Il rappelle que les salaires minimums dans le secteur de la construction sont fixés par des conventions collectives sectorielles, avec des augmentations d’un peu plus de 3 % en août dernier, bien que les employeurs aient la possibilité de négocier des hausses supplémentaires.
Un porte-parole d’Unite a précisé que les données du Central Statistics Office (CSO) montrent que les augmentations de salaires dans la construction sont globalement conformes à celles observées dans l’ensemble de l’économie ces dernières années.
Susan Fitzgerald, secrétaire régionale d’Unite, a mis en évidence le problème de l’accessibilité au logement pour les travailleurs du bâtiment eux-mêmes. Elle souligne que de nombreux professionnels de la construction ne peuvent pas se permettre d’acheter ou de louer les logements qu’ils construisent, ce qui contribue à la pénurie de main-d’œuvre. Elle insiste sur la nécessité de maintenir des hausses de salaires soutenues pour éviter une perte de compétences cruciales dans un contexte de crise du logement.
« Le gouvernement a prévu que 80 000 employés de construction supplémentaires seront nécessaires pour atteindre les objectifs de logement. »
Unite
Le syndicat souligne également la forte concurrence pour les chantiers, les entreprises de construction se disputant les rares travailleurs disponibles, tant pour les projets de logements que pour les développements commerciaux. L’ESRI a révisé ses prévisions de construction à plus de 35 000 logements pour cette année, et à un peu moins de 36 000 pour l’année prochaine. Le rapport précise que « l’inflation des salaires de construction a augmenté rapidement ces derniers mois, dans une bien plus grande mesure que l’économie dans son ensemble », ce qui indique une potentielle surchauffe du secteur.
Unite plaide pour la création d’une entreprise de construction publique employant directement de la main-d’œuvre afin de stabiliser le secteur et d’assurer une meilleure répartition des bénéfices.
