Home MondeLes infections dans la bande de Gaza sont « hors de contrôle » en raison des retards dans l’acheminement de l’aide humanitaire

Les infections dans la bande de Gaza sont « hors de contrôle » en raison des retards dans l’acheminement de l’aide humanitaire

by Clara Dubois

Publié le 17 octobre 2025 15:06:00. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) tire la sonnette d’alarme face à une épidémie incontrôlable de maladies infectieuses dans la bande de Gaza, où le système de santé est au bord de l’effondrement, une semaine après le début de la trêve entre Israël et le Hamas.

  • La propagation des maladies infectieuses, telles que la méningite et la diarrhée, est devenue « hors de contrôle » dans la bande de Gaza.
  • Seize hôpitaux sur trente-six fonctionnent partiellement, et l’accès aux soins reste extrêmement limité.
  • L’acheminement de l’aide humanitaire, notamment de nourriture et de médicaments, est ralenti par des restrictions et des difficultés logistiques.

La situation sanitaire dans la bande de Gaza, déjà précaire après deux ans de conflit débuté le 7 octobre 2023, se détériore rapidement. Selon le directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale, Hanan Balkhi, le système de santé est au bord de l’effondrement.

« La propagation des maladies infectieuses est devenue incontrôlable, qu’il s’agisse de la méningite, du syndrome de Guillain-Barré, de la diarrhée ou des maladies respiratoires. Le système de santé a été démantelé et l’ampleur de la tâche est colossale. »

Hanan Balkhi, directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale

La ville de Gaza ne dispose plus que de huit centres de santé partiellement opérationnels, confrontés à une pénurie criante de personnel médical et de matériel pour traiter les cas graves. Au nord de la bande de Gaza, un seul centre de santé reste actif. L’ONU a recensé plus de 800 attaques contre des établissements de santé depuis le début du conflit.

Un rapport récent de l’OMS révèle que près d’un quart des blessés, soit environ 167 000 personnes, souffrent de handicaps permanents, dont un quart sont des enfants. Les besoins en soutien psychologique ont plus que doublé, mais les services disponibles sont largement insuffisants pour répondre à la demande.

Malgré la trêve négociée entre Israël et le Hamas, l’acheminement de l’aide humanitaire reste insuffisant. Le Programme alimentaire mondial (PAM) de l’ONU ne parvient à distribuer que 560 tonnes de nourriture par jour, un volume bien inférieur aux besoins minimaux.

« Nous sommes encore en dessous de ce dont nous avons besoin, mais nous y arrivons. Le cessez-le-feu a ouvert une petite fenêtre d’opportunité et le PAM agit très rapidement pour augmenter l’aide alimentaire. »

Abeer Etefa, porte-parole du PAM

Moins de la moitié des 600 camions attendus quotidiennement parviennent à franchir la frontière, en raison de longues files d’attente au point de contrôle de Kissufim et de restrictions sur les types de marchandises autorisées. Israël a bloqué les routes d’accès à Gaza pendant la guerre, privant 500 000 personnes de nourriture et de médicaments, selon les Nations Unies. L’ONU estime que la situation ne pourra être rétablie qu’à long terme et appelle à l’ouverture de tous les points de passage.

Le PAM vise à atteindre 145 points de distribution dans la bande de Gaza, mais les distributions n’ont pas encore pu commencer dans la ville de Gaza en raison de la fermeture des points de passage de Zikim et d’Erez, où la crise est la plus aiguë. Les camions chargés de farine et de plats préparés sont confrontés à des routes endommagées et à des blocages dans le sud du territoire.

L’accord de trêve, négocié par les États-Unis, avait suscité l’espoir d’une augmentation significative de l’aide humanitaire, mais les restrictions imposées par Tel Aviv persistent. Des dizaines de milliers de tonnes de fournitures restent bloquées dans les pays voisins, tels que l’Égypte et la Jordanie.

Israël accuse le Hamas de violer le cessez-le-feu en ne restituant pas tous les corps des otages décédés, tandis que le groupe islamiste affirme avoir besoin de matériel pour récupérer les dépouilles qui se trouvent encore sous les décombres. La Défense civile de Gaza, contrôlée par le Hamas, estime qu’environ 10 000 corps restent ensevelis sous les 60 millions de tonnes de débris qui jonchent le territoire. La Turquie a envoyé des équipes de secours spécialisées pour aider aux recherches.

Dans une interview à la chaîne américaine CNN, l’ancien président américain Donald Trump a déclaré qu’il envisagerait d’autoriser Israël à reprendre les combats si le Hamas ne respectait pas les termes de l’accord.

« Israël retournera dans la rue dès que je le dirai. Si Israël pouvait entrer et les éliminer, il le ferait. »

Donald Trump, ancien président américain

Hanan Balkhi, de l’OMS, a réitéré l’appel au transfert des blessés graves vers la Cisjordanie ou les pays voisins pour qu’ils reçoivent les soins médicaux appropriés.

« Nous espérons sincèrement que la paix durera afin que nous puissions commencer à travailler. »

Hanan Balkhi, directeur régional de l’OMS pour la Méditerranée orientale

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