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Les infections sexuellement transmissibles en Espagne augmentent régulièrement

by Sophie Martin

Publié le 26 avril 2024. Les infections sexuellement transmissibles (IST) continuent de progresser en Espagne, touchant particulièrement les jeunes adultes et les hommes, selon un nouveau rapport de l’Institut de santé Carlos III. La gonorrhée et la chlamydia sont les infections les plus fréquemment diagnostiquées.

  • Le nombre de cas de chlamydia a augmenté de 10,2 % en 2023, atteignant 41 918 diagnostics.
  • Les infections gonococciques (gonorrhée) ont également connu une hausse de 7,2 %, avec 37 257 cas recensés.
  • La syphilis a progressé de 6,7 %, avec 11 930 cas enregistrés.

L’Institut de santé Carlos III (ISCIII), par le biais de son Centre national d’épidémiologie (CNE) et en collaboration avec le ministère de la Santé, a publié son rapport 2024 sur la surveillance épidémiologique des IST. Ce rapport confirme une tendance à la hausse observée ces dernières années, avec un rebond soutenu des cas d’IST à travers le pays.

Les IST, pathologies d’origine infectieuse transmises principalement par les relations sexuelles, peuvent également se propager par d’autres voies. Elles sont causées par divers micro-organismes, notamment des virus, des bactéries, des protozoaires et des parasites.

Parmi les IST les plus connues figurent la syphilis, la chlamydia, la gonorrhée, l’infection par le virus de l’immunodéficience humaine (VIH), le virus du papillome humain (VPH), l’herpès génital, la trichomonase, la pédiculose pubienne et la gale. Plus de 20 IST ont été décrites à ce jour.

L’analyse géographique des données révèle des disparités régionales. En 2023, les taux de chlamydia les plus élevés ont été observés en Catalogne (203,44 cas pour 100 000 habitants), au Pays basque (129,33), en Navarre (125,50) et à Madrid (100,03). Les Asturies (1,69), l’Aragon (4,97) et les Îles Baléares (13,07) affichent les taux les plus faibles. Ceuta n’a signalé aucun cas.

Concernant la gonorrhée, les taux les plus élevés ont été enregistrés en Catalogne (161,27 cas pour 100 000 habitants), à Madrid (125,26), au Pays Basque (75,95) et aux îles Canaries (65,26). Les Asturies (2,38), Melilla (4,65), l’Aragon (9,47) et la Castille et León (16,47) présentent les taux les plus bas. Là encore, Ceuta n’a signalé aucun cas.

En ce qui concerne la syphilis, les Îles Canaries (41,45 cas pour 100 000 habitants), la Catalogne (33,85), les Îles Baléares (33,77) et Madrid (30,29) ont enregistré les taux les plus élevés en 2024. Les Asturies (2,87), l’Aragon (4,44) et La Rioja (5,24) affichent les taux d’incidence les plus faibles.

Le rapport fait également état de 1 996 cas de lymphogranulome vénérien, soit une augmentation de 10,2 % par rapport à l’année précédente. Les taux les plus élevés ont été observés en Catalogne, dans la Communauté de Madrid, au Pays Basque et aux Îles Canaries. Ceuta et Melilla n’ont déclaré aucun cas en 2024.

LA GONORRHÉE, L’INFECTION LA PLUS EN FORTE CROISSANCE

Selon le document, le taux de croissance des infections gonococciques s’élève à 28,9 % par an entre 2020 et 2024. Les taux de syphilis ont augmenté d’environ 20 % par an entre 2021 et 2024. Une tendance similaire est observée pour les infections à chlamydia, avec une augmentation des taux de près de 20 % par an entre 2016 et 2024.

Les auteurs du rapport soulignent que la comparaison des taux d’incidence des IST entre les communautés autonomes peut être affectée par des différences dans les systèmes de surveillance régionaux. En 2024, toutes les autonomies disposaient d’un système de surveillance avec déclaration individualisée pour la gonorrhée, la syphilis, la syphilis congénitale et la chlamydia, mais l’exhaustivité des données transmises pourrait encore être améliorée, notamment en ce qui concerne les modes de transmission.

PLAN DE PRÉVENTION ET DE CONTRÔLE DU VIH ET DES IST

Le ministère de la Santé rappelle que les informations issues des systèmes de surveillance épidémiologique sont essentielles pour orienter les mesures et les actions prévues dans le Plan de prévention et de contrôle de l’infection par le VIH et les IST 2021-2030.

Ce plan vise à éliminer ces infections en tant que problème de santé publique d’ici 2030, en adoptant une approche globale qui englobe la prévention, le diagnostic précoce, le traitement rapide, la prise en charge de la chronicité et l’amélioration de la qualité de vie des personnes touchées.

Le plan accorde également une importance particulière à la lutte contre la stigmatisation et la discrimination associées au VIH et aux IST, afin de favoriser une réponse plus inclusive et plus efficace.

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