Publié le 13 décembre 2025 à 09h41. Les récentes inondations dans le sud de la Thaïlande ne se limitent pas à des dégâts matériels ; elles menacent sérieusement l’économie régionale en perturbant les chaînes d’approvisionnement et la logistique, un pilier essentiel de la croissance du pays.
- Les secteurs de l’agriculture, de la pêche, du commerce de détail et des transports sont particulièrement touchés.
- Les dommages directs et indirects pourraient se chiffrer en centaines de millions, voire en milliards de bahts (monnaie thaïlandaise).
- Des investissements dans des infrastructures logistiques diversifiées et une meilleure gestion des risques sont cruciaux pour renforcer la résilience de la région.
Les inondations qui frappent actuellement le sud de la Thaïlande ont des répercussions bien au-delà des habitations et des terres agricoles submergées. Elles mettent à rude épreuve l’ensemble de la chaîne logistique et d’approvisionnement de la région, considérée comme le moteur de son économie. L’impact est d’autant plus préoccupant qu’il survient en période de forte demande, à l’approche des fêtes de fin d’année et du Nouvel An chinois.
Le professeur associé Dr Charanya Chanchaichujit, directeur du Centre pour la logistique durable et la gestion de la chaîne d’approvisionnement de la Faculté de gestion environnementale de l’Université Prince de Songkla (PSU), expert en conception de systèmes logistiques, a analysé en profondeur la situation. Il souligne que les inondations affectent quatre secteurs clés : l’agriculture et la transformation agricole (caoutchouc, huile de palme, légumes, fruits), la pêche et la transformation des produits de la mer, le commerce de détail et le commerce électronique, et enfin, le secteur des transports et de la logistique.
Le secteur agricole et alimentaire est particulièrement vulnérable, en raison de la multitude de petits exploitants agricoles impliqués. Les dommages peuvent être directs, comme la destruction de stocks entrepôtés ou de marchandises en transit, ou indirects, tels que les retards de livraison et l’interruption de la production. Les mois de novembre et décembre sont particulièrement critiques, car les entreprises accumulent des stocks et augmentent leur capacité de production pour répondre à la demande des fêtes. De plus, les commandes d’exportation, notamment de gants en caoutchouc, de fruits de mer transformés, de fruits et de légumes, sont en hausse en raison des longues vacances en Europe, ce qui amplifie les pertes.
Les retards d’expédition et l’augmentation des coûts de transport sont également des conséquences majeures des inondations, qui rendent impraticables de nombreux réseaux routiers. Certaines usines ont dû interrompre leur production, et les pénuries de matières premières en amont créent un effet domino, entraînant des annulations de commandes et des pertes de revenus. Selon le professeur Chanchaichujit, les dommages pourraient se situer entre quelques centaines de millions et plusieurs milliards de bahts, et ce chiffre pourrait encore augmenter si les perturbations persistent.
L’expert identifie deux vulnérabilités principales de la chaîne d’approvisionnement du sud : la dépendance excessive au transport routier et le manque de diversification des entrepôts. La région, allongée du nord au sud, est particulièrement sensible aux blocages routiers, faute d’alternatives de transport efficaces. De même, la concentration des stocks dans de grands entrepôts centralisés augmente les risques en cas de catastrophe.
Pour remédier à ces faiblesses, le professeur Chanchaichujit préconise le développement d’infrastructures multimodales (ferroviaire, maritime, aérien) et la mise en place d’un réseau d’entrepôts décentralisés, plus résilient. Il souligne également la nécessité d’une meilleure gestion des risques et de la flexibilité, avec des plans de continuité d’activité et des systèmes d’assurance adaptés.
« En fin de compte, rendre la chaîne d’approvisionnement flexible et durable n’est pas un coût inutile, mais un ‘investissement pour maintenir la compétitivité’ à une époque où les risques climatiques seront avec nous pendant longtemps. »
Professeur associé Dr Charanya Chanchaichujit
Les coûts logistiques futurs devraient augmenter, car les entreprises devront adapter leurs systèmes pour tenir compte des risques. Le gouvernement devrait soutenir le développement de modes de transport diversifiés et envisager des mesures pour réduire le coût du fret aérien en période de crise. Les petites et moyennes entreprises (PME), moins bien équipées que les grandes entreprises, auront particulièrement besoin d’aide.
Le Centre pour la logistique durable et la gestion de la chaîne d’approvisionnement de l’Université Prince de Songkla se tient prêt à accompagner les entrepreneurs du sud dans cette crise, en mettant à leur disposition son expertise et ses outils technologiques. Le centre propose des projets de recherche, des conseils techniques et des formations pour aider les entreprises à renforcer leur résilience et à adopter des pratiques durables.
Le professeur Chanchaichujit conclut en insistant sur l’importance d’investir dans des infrastructures logistiques multimodales, de soutenir la création d’entrepôts flexibles et d’intégrer les données numériques (prévisions météorologiques, informations sur les routes) dans la gestion de la chaîne d’approvisionnement. Les « inondations dans le Sud » perturbent la logistique
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