Publié le 23 octobre 2025 à 10h18. Un audacieux cambriolage a visé le Louvre dimanche dernier, laissant le musée confronté à un embarras majeur et soulevant des questions sur l’efficacité de ses mesures de sécurité, tandis qu’il est révélé que les bijoux impériaux dérobés n’étaient pas assurés.
- Des bijoux d’une valeur estimée à 102 millions de dollars (environ 94 millions d’euros) ont été volés au Louvre par des individus masqués.
- Le ministère de la Culture a confirmé que l’État ne sera pas indemnisé en cas de non-récupération des œuvres.
- L’enquête est en cours, mais les pistes sont pour l’instant maigres.
Le Louvre est sous le choc après le vol spectaculaire de bijoux ayant appartenu à Napoléon III et à l’impératrice Eugénie. Les cambrioleurs ont utilisé un monte-meuble pour accéder au premier étage du musée avant de briser des vitrines pour dérober une broche en diamants, des diadèmes et des colliers. Ils ont même dérobé la couronne de l’impératrice, qu’ils ont ensuite abandonnée dans leur fuite.
L’affaire prend une tournure particulièrement délicate avec la révélation que ces objets de valeur n’étaient couverts par aucune assurance privée. Le parquet de Paris a indiqué mardi que les bijoux étaient évalués à 102 millions de dollars, une estimation qui contraste avec les premières déclarations des autorités françaises qui les qualifiaient de « d’une valeur incalculable ». Selon le ministère de la Culture, l’État assume le rôle d’assureur en cas de vol d’œuvres des musées nationaux, une pratique courante mais qui laisse le Louvre sans compensation financière si les bijoux ne sont pas retrouvés.
Cette situation met en lumière une lacune dans la protection du patrimoine national. En général, les musées souscrivent une assurance lorsqu’ils transportent des œuvres ou les prêtent à d’autres institutions, la valeur assurée étant souvent supérieure à leur prix d’acquisition. Les institutions privées, telles que la Collection Pinault ou la Fondation Louis Vuitton, ont quant à elles recours à des assurances commerciales pour leurs collections.
Selon Charlie Horrell, responsable des beaux-arts chez le courtier d’assurance international Marsh, le Financial Times rapporte qu’il est « quasiment impossible d’assurer l’intégralité » de la collection du Louvre. Le marché londonien des assurances spécialisées couvre à peine 4 milliards de dollars d’œuvres d’art. Plusieurs experts du secteur estiment que la collection du Louvre, avec des trésors tels que la Mona Lisa et le Grand Sphinx de Tanis, est tout simplement trop vaste et précieuse pour être entièrement assurée.
L’enquête se poursuit, mais les forces de l’ordre peinent à identifier les auteurs du vol. Les autorités restent discrètes sur les pistes suivies, mais l’absence de progrès rapides alimente les critiques sur la sécurité du Louvre et la vulnérabilité de son patrimoine.
