Home SantéLes législateurs affirment que les soins infirmiers avancés devraient être considérés comme un « diplôme professionnel »

Les législateurs affirment que les soins infirmiers avancés devraient être considérés comme un « diplôme professionnel »

by Sophie Martin

Washington – Plus d’une centaine de parlementaires américains s’inquiètent d’une proposition du ministère de l’Éducation qui pourrait limiter l’accès aux études supérieures en sciences infirmières, aggravant ainsi les pénuries de personnel déjà criantes dans le secteur de la santé.

Selon les législateurs, le ministère envisage de requalifier les programmes avancés de soins infirmiers, tels que les maîtrises et les doctorats en sciences infirmières, comme des « diplômes d’études supérieures » plutôt que des « diplômes professionnels ». Cette modification aurait pour conséquence de plafonner les prêts étudiants accordés aux nouveaux emprunteurs en soins infirmiers à 100 000 $ (environ 92 000 €) au total, contre 200 000 $ (environ 184 000 €) pour les programmes considérés comme professionnels, comme la médecine, la pharmacie ou la dentisterie.

Dans une lettre adressée le vendredi 24 novembre à Nicholas Kent, sous-secrétaire à l’Éducation, les élus mettent en garde contre les conséquences de cette mesure. « À l’heure où notre pays est confronté à une pénurie de soins de santé, en particulier dans les soins primaires, ce n’est pas le moment de couper l’accès des étudiants à ces programmes », soulignent-ils.

Ils insistent sur le rôle crucial des infirmières dans le système de santé américain. « Les infirmières et les professeurs d’infirmières constituent l’épine dorsale de notre système de santé », affirment-ils dans leur missive. « En tant que tels, les diplômes post-baccalauréat en soins infirmiers devraient être traités de la même manière que les autres diplômes post-baccalauréat accrédités en professions de santé. »

Les parlementaires soulignent que les plafonds de prêt actuels ne suffiraient pas à couvrir le coût de nombreux programmes spécialisés, notamment ceux menant au diplôme d’infirmier anesthésiste certifié (CRNA), qui peuvent dépasser les 200 000 $ (environ 184 000 €). Ils rappellent que les programmes CRNA affichent des taux de défaut de remboursement de prêt proches de zéro et que les infirmiers anesthésistes jouent un rôle essentiel dans l’accès aux soins, en particulier dans les zones rurales et mal desservies.

Par ailleurs, une étude citée par les législateurs révèle que plus de la moitié des bénéficiaires de Medicare reçoivent des soins primaires d’une infirmière praticienne ou d’un médecin associé, et que ce chiffre dépasse les 60 % dans les communautés rurales.

Le ministère de l’Éducation justifie ces réformes par la nécessité d’imposer des « limites et des garde-fous du bon sens » sur les emprunts étudiants et de simplifier les procédures de remboursement. Il prévoit également de supprimer certains programmes d’aide fédéraux et certains plans de remboursement de prêts.

Les législateurs craignent cependant que la réduction des plafonds d’aide n’oblige les étudiants à contracter des prêts supplémentaires et ne décourage les infirmières de rejoindre le personnel soignant, déjà fragilisé par le burn-out et les pressions liées à la pandémie de coronavirus.

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