Home SantéLes LVAD percutanés peuvent stimuler la régurgitation aortique, mises en garde dans une petite étude

Les LVAD percutanés peuvent stimuler la régurgitation aortique, mises en garde dans une petite étude

by Sophie Martin

Publié le 14 octobre 2025 15:51:00. L’utilisation prolongée de dispositifs d’assistance ventriculaire gauche percutanée (DAVGP) pourrait augmenter le risque de régurgitation aortique chez certains patients, selon une étude récente. Les chercheurs insistent sur la nécessité d’une surveillance accrue, sans pour autant déclencher d’alarme.

  • Une étude révèle qu’environ 13 % des patients présentent une régurgitation aortique nouvelle ou aggravée après le retrait d’un DAVGP.
  • La durée de l’assistance et la taille du dispositif utilisé semblent être des facteurs de risque.
  • Les médecins sont appelés à une vigilance accrue et à une surveillance régulière des patients après le retrait du dispositif.

Une nouvelle étude menée au Houston Methodist Hospital (Texas) met en lumière un risque potentiel associé à l’utilisation de dispositifs d’assistance ventriculaire gauche percutanée (DAVGP), également appelés LVAD en anglais. Les résultats, publiés dans la revue JACC : Interventions cardiovasculaires, suggèrent qu’une assistance prolongée par ces dispositifs pourrait augmenter le risque de développer une régurgitation aortique (RA) chez certains patients.

L’étude, qui a porté sur 98 patients (âge médian de 63,8 ans, dont 32 % de femmes) ayant bénéficié d’un DAVGP entre 2014 et 2024, a révélé qu’une régurgitation aortique nouvelle ou aggravée a été observée chez 13 % des patients après le retrait du dispositif. Dans la majorité des cas, cette régurgitation était légère, mais elle a évolué vers une forme modérée ou modérée-sévère chez 3 % des patients. Deux patients ayant développé une RA modérée ou sévère sont décédés des suites d’une défaillance multiviscérale, et un tiers des patients concernés restent sous surveillance.

Les indications pour l’utilisation du DAVGP variaient : choc cardiogénique dans 55 % des cas, choc lié à un syndrome coronarien aigu (SCA) dans 24 % des cas, arrêt cardiaque dans 15 % des cas et procédures à haut risque dans 6 % des cas. La plupart des patients (69 %) ne présentaient pas de régurgitation aortique avant la pose du DAVGP, tandis que 30 % avaient une régurgitation légère et 1 % une régurgitation modérée.

Selon le Dr Maan Malahfji, de l’hôpital Houston Methodist, l’incidence de la régurgitation aortique après un soutien par DAVGP percutané n’avait pas encore été étudiée de manière systématique. Il explique :

« Nous avons eu des patients qui ont fini par développer une régurgitation aortique après s’être remis d’une insuffisance cardiaque et avoir subi le retrait du DAVGP. Un patient qui est passé à un DAVGP permanent s’est retrouvé avec une régurgitation importante qui a finalement nécessité une procédure de remplacement valvulaire. »

Dr Maan Malahfji, Houston Methodist Hospital

L’étude a également mis en évidence un lien entre la durée de l’assistance et le risque de régurgitation aortique. Les patients ayant bénéficié d’une assistance plus longue (durée médiane de 12 jours contre 6 jours pour ceux qui n’ont pas développé de RA) étaient plus susceptibles de développer une régurgitation aortique. De même, l’utilisation de dispositifs de plus gros calibre (Impella 5.0 et Impella 5.5) était associée à un risque plus élevé de progression de la régurgitation aortique (P = 0,033). Abiomed est le fabricant de ces dispositifs.

Les chercheurs émettent l’hypothèse que le contact prolongé du dispositif avec les valves cardiaques pourrait entraîner une fibrose ou une inflammation de bas grade, conduisant à une diminution de la coaptation des valves. Cependant, aucune lésion visible des valves n’a été observée sur les images, et aucune évaluation chirurgicale des valves n’a été réalisée.

Le Dr Malahfji souligne qu’il ne s’agit pas de s’alarmer, mais plutôt d’être conscient de ce risque potentiel et de surveiller de près les patients, en particulier ceux qui nécessitent une assistance prolongée ou qui présentent une dilatation annulaire sous-jacente ou une régurgitation aortique légère préexistante.

« Très souvent, le DAVGP est utilisé dans une situation d’urgence où le patient n’a pas d’autres options. Nous devons être conscients que si quelqu’un présente une dilatation annulaire sous-jacente ou une régurgitation aortique légère préexistante et que vous savez que ce patient aura besoin d’un soutien prolongé, vous devez continuer à le surveiller une fois qu’il s’est rétabli et que le dispositif est retiré. »

Dr Maan Malahfji, Houston Methodist Hospital

Les chercheurs recommandent de suivre attentivement les instructions d’utilisation des dispositifs Impella concernant la durée maximale d’utilisation et d’être particulièrement prudents chez les patients présentant une régurgitation aortique modérée ou sévère.

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