Publié le 14 novembre 2024 à 05h40. Après 25 ans d’absence, le macareux moine, un oiseau marin emblématique, niche à nouveau sur l’île de Muck, au large des côtes du comté d’Antrim en Irlande du Nord, grâce à un ambitieux programme de conservation.
- Le retour du macareux moine est le fruit d’un projet d’éradication des rats bruns, lancée en 2017 par l’organisation Ulster Wildlife.
- Des macareux ont été observés nichant sur l’île, confirmant ainsi la réussite de l’opération de restauration de l’habitat.
- Les populations d’autres oiseaux marins, comme les macareux siffleurs, les guillemots et les goélands, sont également en augmentation sur l’île.
L’île de Muck, située au large d’Islandmagee, a longtemps été considérée comme un site potentiel de reproduction pour le macareux moine, mais la présence de rats bruns constituait un obstacle majeur. Ces rongeurs, prédateurs d’œufs et de poussins, empêchaient les oiseaux marins de s’établir durablement. En 2017, Ulster Wildlife a donc mis en œuvre un programme d’éradication des rats, combinant des méthodes de piégeage et un programme de pâturage hivernal pour maintenir la végétation basse et limiter les cachettes des rongeurs.
Les premiers signes de reprise ont été observés ces dernières années, avec une augmentation progressive du nombre d’oiseaux marins fréquentant l’île. En 2024, cinq macareux ont été aperçus en train d’explorer l’île, suscitant l’espoir d’un retour de l’espèce. Cet été, la confirmation est venue : deux macareux ont été filmés entrant dans des terriers de nidification sur les falaises herbeuses, signe que les oiseaux se reproduisent activement.
Selon Andy Crory, responsable des réserves naturelles d’Ulster Wildlife, cette réussite est un moment historique.
« Pendant des décennies, des rumeurs ont circulé sur la présence passée de macareux moines nichant sur l’île de Muck, une histoire qui relevait plus du folklore que de la réalité. Mais aujourd’hui, grâce à des années de travail acharné pour créer un refuge sûr pour des milliers d’oiseaux marins, ce mythe prend vie. »
Andy Crory, responsable des réserves naturelles d’Ulster Wildlife
Il souligne également l’importance de cette réussite dans un contexte global de déclin des populations d’oiseaux marins.
« Les oiseaux marins sont confrontés à d’immenses défis à l’échelle mondiale, avec 24 des 25 espèces reproductrices menacées d’extinction locale ou mondiale. Ainsi, même si une poignée de macareux sur une petite île peut sembler insignifiante, ce moment est énorme. Cela prouve que la restauration des oiseaux marins est possible. »
Andy Crory, responsable des réserves naturelles d’Ulster Wildlife
Ulster Wildlife espère que l’île de Muck deviendra un bastion prospère pour le macareux moine et, à terme, accueillera à nouveau d’autres espèces disparues, comme le macareux des îles. L’organisation attend avec impatience l’arrivée des premiers poussins l’été prochain, ce qui constituerait, selon Andy Crory, « la cerise sur le gâteau ».
Le programme d’éradication des rats et de surveillance des espèces sur l’île de Muck est financé par le ministère britannique de l’Agriculture, de l’Environnement et des Affaires rurales via le Carrier Bag Levy (taxe sur les sacs en plastique). L’accès à la réserve naturelle de l’île de Muck est interdit au public, en raison des dangers liés à la traversée du tombolo de marée à marée basse. Ulster Wildlife invite les personnes intéressées à admirer l’île à distance de sécurité afin de ne pas perturber les macareux et de favoriser leur installation.
