Home MondeLes manifestants iraniens défient la répression alors que des vidéos montrent de violents affrontements

Les manifestants iraniens défient la répression alors que des vidéos montrent de violents affrontements

by Clara Dubois

L’Iran est le théâtre de manifestations d’une ampleur inédite depuis le soulèvement de 2022, déclenchées par une crise économique sévère et se transformant en un défi direct au pouvoir religieux. La répression s’intensifie, faisant craindre un bilan humain lourd et suscitant des réactions internationales inquiètes.

Selon des sources concordantes, notamment l’organisation de défense des droits humains HRANA et des témoignages recueillis par la BBC, plus de 100 personnes auraient perdu la vie au cours des dernières semaines, parmi lesquelles figurent des membres des forces de sécurité. La BBC a pu vérifier des images et des vidéos témoignant de violents affrontements à Machhad, la deuxième ville du pays, et à Téhéran, où des manifestants ont envahi les rues du quartier de Gisha.

Un employé d’un hôpital de Téhéran a décrit des « scènes très horribles », évoquant des services submergés par l’afflux de blessés et des morgues saturées. « Beaucoup de personnes sont mortes dès qu’elles ont atteint les lits d’urgence… des tirs directs ont été tirés sur la tête des jeunes, ainsi que sur leur cœur », a-t-il témoigné.

Le procureur général iranien a averti que toute participation aux manifestations serait considérée comme un acte d’inimitié envers Dieu, passible de la peine de mort. À ce stade, plus de 2 500 personnes auraient été arrêtées depuis le début des troubles, le 28 décembre, selon les informations disponibles.

Les protestations, initialement motivées par la flambée de l’inflation, ont rapidement évolué vers des revendications plus larges, appelant à la fin du régime clérical et à la destitution de l’ayatollah Ali Khamenei, le guide suprême de la République islamique. Ce dernier a qualifié les manifestants de « bande de vandales » cherchant à « plaire » à l’ancien président américain Donald Trump.

La situation a également suscité des réactions internationales. Donald Trump a menacé de frapper l’Iran « très durement » s’il « commençait à tuer des gens », tandis que le président du Parlement iranien a averti que toute attaque américaine sur son territoire entraînerait des représailles contre Israël et les bases militaires américaines dans la région.

L’accès à l’information est fortement limité en Iran, le gouvernement ayant imposé une coupure d’Internet depuis jeudi, restreignant même l’accès à l’intranet national. Selon Alireza Manafi, un expert en Internet, cette censure est plus sévère que celle observée lors du soulèvement de 2022. L’utilisation d’Internet par satellite Starlink pourrait permettre de contourner ces restrictions, mais les autorités pourraient potentiellement remonter jusqu’aux utilisateurs.

Reza Pahlavi, le fils exilé du dernier shah d’Iran, a appelé à la poursuite des manifestations, tout en exhortant les participants à éviter de mettre leur vie en danger. Il a affirmé que la République islamique était confrontée à une « grave pénurie de mercenaires » et que des membres des forces armées et de sécurité auraient déserté ou désobéi aux ordres de répression. La BBC n’a pas pu vérifier ces affirmations.

La ministre britannique des Affaires étrangères, Yvette Cooper, a déclaré que ceux qui s’expriment contre le gouvernement de Khamenei ne devraient pas faire face à « des menaces de violence ou de représailles ». Amnesty International a également exprimé son inquiétude face à l’intensification de la force meurtrière utilisée par les forces de sécurité contre les manifestants.

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