Home SantéLes médecins de l’IPK signalent la propagation du chikungunya et de la dengue à Cuba

Les médecins de l’IPK signalent la propagation du chikungunya et de la dengue à Cuba

by Sophie Martin

Publié le 17 octobre 2025 à 22h00. Cuba est confrontée à une recrudescence inquiétante des cas de chikungunya et de dengue, exacerbée par des problèmes d’infrastructure et un système de santé en crise, tandis que les autorités sont accusées de minimiser l’ampleur de la situation.

  • Le docteur María Guadalupe Guzmán Tirado, de l’Institut de médecine tropicale Pedro Kourí (IPK), met en avant l’urbanisation non planifiée, les difficultés d’accès à l’eau et le réchauffement climatique comme facteurs clés de la propagation des arbovirus.
  • Des témoignages alarmants font état de l’effondrement du système de santé, avec des hôpitaux débordés et des conditions d’accueil déplorables.
  • Le ministère cubain de la Santé publique (MINSAP) a finalement reconnu la mort de trois personnes des suites de la dengue en 2025, après plusieurs jours de démentis.

La propagation du chikungunya et de la dengue inquiète particulièrement les autorités cubaines. Le docteur María Guadalupe Guzmán Tirado, directrice du Centre de recherche, de diagnostic et de référence de l’Institut de médecine tropicale Pedro Kourí (IPK) à La Havane, a expliqué que plusieurs facteurs contribuent à cette recrudescence. Parmi eux, elle a cité l’urbanisation non planifiée, les difficultés d’approvisionnement en eau et les conditions climatiques, notamment l’augmentation des températures, qui favorisent la réplication du virus et accélèrent le cycle infectieux du moustique Aedes aegypti, vecteur de ces maladies.

Si la dengue reste une maladie endémique à Cuba, c’est la rapidité de la propagation du chikungunya qui suscite la plus grande préoccupation. Le virus, introduit par un voyageur porteur du virus, a trouvé un environnement particulièrement propice à sa reproduction. Le docteur Guzmán Tirado a souligné que la population cubaine n’ayant pas développé d’immunité face au chikungunya, la maladie s’est rapidement étendue.

Contrairement à la dengue, l’infection par le chikungunya confère une immunité durable, mais peut entraîner des douleurs articulaires et musculaires prolongées. Les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes souffrant de maladies chroniques (diabète, hypertension, asthme, maladies cardiaques) sont considérés comme les plus vulnérables aux complications.

Cependant, l’analyse de la situation est incomplète. Les causes profondes de la crise sanitaire sont, selon plusieurs observateurs, bien plus complexes. Les coupures de courant prolongées, qui affectent la majorité de la population cubaine, empêchent l’utilisation de climatiseurs et de ventilateurs, rendant les habitations plus accueillantes pour les moustiques. De même, l’effondrement des services communaux et les problèmes de gestion des déchets créent des foyers de prolifération des vecteurs.

La situation est particulièrement critique dans certaines villes. Le journaliste Yirmara Torres Hernández a décrit Matanzas comme une « ville de zombies » en raison de l’ampleur de l’épidémie de chikungunya. Son reportage souligne que les autorités n’ont commencé à réagir que «un mois et demi ou deux après le début de la croissance et de la prolifération » de l’épidémie.

À La Havane, l’hôpital pédiatrique “Juan Manuel Márquez” est submergé de patients. Une mère a témoigné de l’effondrement des services, avec des enfants contraints de s’inscrire sur des listes d’attente improvisées dans la salle de garde, au milieu d’une vague de maladies fébriles et gastro-intestinales. Des usagers ont dénoncé des conditions déplorables, avec des proches dormant par terre, des ordures accumulées et des toilettes insalubres.

Le ministère cubain de la Santé publique (MINSAP) a finalement reconnu, le 15 octobre, le décès de trois personnes des suites de la dengue en 2025. Cette annonce intervient après plusieurs jours de démentis. Les professionnels de l’IPK insistent sur la nécessité d’une assistance médicale précoce et d’une coordination entre les secteurs sociaux et sanitaires pour renforcer les mesures d’hygiène et de lutte anti-vectorielle, mais soulignent que le manque de ressources, notamment d’insecticides et de personnel technique, entrave les efforts de fumigation.

Quelles sont les principales causes de l’augmentation du chikungunya et de la dengue à Cuba ?

Les principales causes de l’augmentation du chikungunya et de la dengue à Cuba comprennent l’urbanisation non planifiée, les difficultés d’approvisionnement en eau et les conditions climatiques, telles que la hausse des températures. À cela s’ajoutent des problèmes d’infrastructure tels que des pannes de courant et une mauvaise gestion des déchets qui contribuent au problème.

Quel impact le chikungunya a-t-il sur la population cubaine ?

Le chikungunya est nouveau pour la population cubaine, ce qui signifie qu’elle n’a pas développé d’immunité, ce qui facilite sa propagation rapide. Bien qu’il entraîne rarement la mort, il peut provoquer des douleurs articulaires et musculaires prolongées. Les groupes les plus vulnérables aux complications comprennent les jeunes enfants, les personnes âgées et les personnes atteintes de maladies chroniques.

Quelles mesures sont prises pour contrôler la propagation de ces maladies ?

Pour contrôler la propagation du chikungunya et de la dengue, des mesures hygiéno-sanitaires sont renforcées et l’importance d’une assistance médicale précoce est soulignée. Cependant, le manque de ressources rend difficiles les efforts de lutte anti-vectorielle.

Quelle est la situation actuelle du système de santé à Cuba face à ces maladies ?

Le système de santé à Cuba est confronté à des difficultés majeures en raison de l’augmentation des cas d’arbovirus et du manque de moyens médicaux. Les hôpitaux sont débordés et les conditions d’accueil sont souvent déplorables.

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