Publié le 10 octobre 2024 18:03:00. De nouveaux résultats de recherche mettent en garde contre un impact potentiel des médicaments de la famille des agonistes des récepteurs GLP-1, de plus en plus prescrits pour le diabète et l’obésité, sur la précision des examens d’imagerie médicale de détection du cancer.
- Les agonistes des récepteurs GLP-1 pourraient fausser les résultats des TEP-CT (tomographie par émission de positons couplée à la tomodensitométrie).
- Les équipes médicales doivent impérativement prendre en compte les antécédents médicamenteux des patients pour éviter des erreurs de diagnostic.
- L’utilisation de ces médicaments a explosé ces dernières années, rendant cette interaction potentielle de plus en plus fréquente.
Une étude rétrospective menée par des chercheurs d’Alliance Medical au Royaume-Uni a révélé que les patients suivant un traitement par agonistes des récepteurs GLP-1 peuvent présenter une absorption atypique du fluorodésoxyglucose (FDG) lors d’une TEP-CT. Le FDG, un traceur radioactif du glucose, est utilisé pour visualiser l’activité métabolique dans le corps et identifier les cellules cancéreuses, qui absorbent le glucose plus rapidement que les cellules saines.
Selon les résultats présentés lors du 38e congrès annuel de l’Association européenne de médecine nucléaire, les médicaments GLP-1 peuvent modifier l’absorption du glucose dans les muscles, le tissu cardiaque et le tissu adipeux brun, créant ainsi un schéma métabolique qui peut être confondu avec une activité tumorale. Cette confusion pourrait conduire à des diagnostics erronés, une stadification incorrecte du cancer, des examens complémentaires inutiles ou un retard dans le traitement.
« Reconnaître l’absorption caractéristique associée aux agonistes du GLP-1 permet d’éviter une anxiété et des interventions inutiles, garantissant ainsi que les patients reçoivent les bons soins, au bon moment, sans détours ni doutes », a déclaré le Dr Peter Strouhal, directeur médical chez Alliance Medical et auteur principal de l’étude. Communiqué de presse de l’AAAS.
Bien que des cas isolés aient déjà été signalés, cette étude représente l’une des premières analyses à grande échelle sur un vaste réseau d’imagerie diagnostique. L’augmentation spectaculaire de l’utilisation des agonistes des récepteurs GLP-1, comme le sémaglutide (Ozempic, Wegovy) et le tirzépatide (Zepbound, Mounjaro), dont l’utilisation a été multipliée par sept aux États-Unis entre 2019 et 2023, rend cette interaction potentielle particulièrement préoccupante. Étude BMJ.
Les chercheurs ne recommandent pas d’interrompre le traitement par GLP-1 avant les examens TEP-CT, mais insistent sur la nécessité pour les équipes d’imagerie de documenter soigneusement les antécédents médicamenteux des patients. À l’heure actuelle, il n’existe pas de directives nationales ou internationales au Royaume-Uni pour gérer ce problème émergent. Les recommandations australiennes, en revanche, suggèrent de poursuivre le traitement par GLP-1, de jeûner à partir de minuit, de programmer les examens le matin et de maintenir un bon contrôle de la glycémie.
Il est important de noter que, comme tout médicament, l’utilisation des agonistes des récepteurs GLP-1 comporte des risques et des effets secondaires. Des études récentes ont associé ces médicaments à un risque légèrement accru de maladies oculaires chez les patients atteints de diabète de type 2, ainsi qu’à d’autres problèmes de vision et à un risque accru de problèmes rénaux, pancréatiques et gastro-intestinaux.
Les cliniciens et les autorités de régulation devront donc suivre de près l’évolution des données cliniques et diagnostiques concernant les risques liés aux agonistes des récepteurs GLP-1 et ajuster les directives en conséquence afin de garantir des soins précis et adaptés.
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