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Les microplastiques pourraient augmenter le risque de maladies cardiovasculaires, prévient une étude

by Sophie Martin

Publié le 2024-05-08 14:30:00. Une étude récente alerte sur un lien possible entre l’omniprésence des microplastiques dans l’environnement et un risque accru de maladies cardiovasculaires, en particulier chez les hommes.

  • Des microplastiques, particules de plastique minuscules, sont désormais présents dans l’eau, la nourriture et l’air que nous consommons quotidiennement.
  • Une étude menée sur des modèles animaux suggère une augmentation de l’accumulation de plaques dans les artères cardiaques des mâles exposés à ces particules.
  • Les experts soulignent la difficulté d’éviter complètement l’exposition aux microplastiques et recommandent d’adopter un mode de vie sain pour protéger le cœur.

L’omniprésence des microplastiques – ces particules de plastique dont la taille varie entre un millième de millimètre et cinq millimètres – constitue une source de préoccupation croissante pour la santé publique. Provenant de la dégradation des plastiques dans l’environnement et de certains procédés de fabrication, ces particules se retrouvent désormais partout sur la planète.

Selon l’organisation Journaux de l’American Heart Association, l’exposition aux microplastiques se fait principalement par l’alimentation, l’eau en bouteille, les produits de soins personnels et l’inhalation de poussières, notamment dans les zones urbaines et industrielles. Leur présence a même été détectée dans les tissus animaux et humains, témoignant de la difficulté d’échapper à leur incorporation dans l’organisme.

Une récente étude, publiée dans la revue Environnement International et réalisée par l’équipe de l’ Université de Californie, met en garde contre un lien potentiel entre cette pollution généralisée et une augmentation du risque de maladies cardiovasculaires. Les chercheurs estiment que l’impact sur la santé cardiaque pourrait être plus important qu’on ne le pensait.

Le responsable de l’étude à l’Université de Californie, Changcheng Zhou, souligne :

« Il est presque impossible d’éviter complètement les microplastiques »

Changcheng Zhou, responsable de l’étude à l’Université de Californie

, en raison de leur présence avérée dans la circulation sanguine et les organes vitaux.

Au cours des dernières années, plusieurs études ont associé ces particules à divers problèmes de santé, notamment des perturbations hormonales, des difficultés de reproduction, des dommages neurologiques et un risque accru de cancer, selon des institutions telles que Harvard et les Journaux de l’American Heart Association. Le lien entre la pollution et les risques cardiovasculaires est un domaine de recherche en pleine expansion.

L’étude de l’Université de Californie a été menée sur des souris génétiquement modifiées pour développer de l’athérosclérose. Pendant neuf semaines, ces animaux ont été exposés à des doses de microplastiques équivalentes à celles rencontrées par un humain consommant régulièrement de la nourriture et de l’eau contaminées. Les résultats ont révélé une augmentation de 63 % de l’accumulation de plaques dans l’artère cardiaque principale des souris mâles, et une augmentation de plus de sept fois dans l’artère brachio-céphalique, par rapport aux animaux non exposés. Aucun changement significatif n’a été observé chez les femelles.

Des études épidémiologiques menées sur des humains confirment ces inquiétudes. Harvard a analysé des échantillons de plaques artérielles prélevés sur 257 patients et a découvert des microplastiques dans 58 % des cas. Les patients présentant ces molécules dans leurs plaques artérielles avaient un risque 4,5 fois plus élevé de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou de décès au cours d’un suivi de près de trois ans, comparativement à ceux qui n’en avaient pas. Cependant, les spécialistes insistent sur le fait que les recherches menées sur l’homme ne permettent pas d’établir une causalité exclusive, d’autres contaminants et facteurs liés au mode de vie étant également impliqués.

L’analyse menée par l’équipe de Zhou met en évidence une différence notable entre les sexes. Seules les souris mâles ont présenté une aggravation significative de l’athérosclérose après exposition aux microplastiques, tandis que les effets chez les femelles étaient minimes, voire inexistants. Bien qu’il reste à déterminer si ce schéma se reproduit chez l’homme, les résultats suggèrent la possibilité de facteurs de protection associés à la biologie féminine qui atténueraient l’impact des microplastiques sur le système vasculaire.

La recherche permet de mieux comprendre les mécanismes par lesquels les microplastiques affectent l’organisme. Les données de l’étude californienne indiquent que ces particules endommagent principalement les cellules endothéliales, qui tapissent l’intérieur des vaisseaux sanguins et constituent la première barrière contre l’entrée de substances externes. Le dysfonctionnement de ces cellules peut déclencher des processus inflammatoires et accélérer la formation de plaques obstruant les artères, expliquent les experts.

Selon les Journaux de l’American Heart Association, les microplastiques agissent rarement de manière isolée chez l’homme : ils sont généralement associés à une variété de contaminants chimiques, dont l’effet combiné rend difficile l’isolement de la véritable cause des lésions artérielles. De plus, la composition chimique de ces contaminants varie en fonction de la région géographique et de l’origine du plastique, ce qui complique la comparaison des résultats entre différentes populations.

Face à la difficulté d’éviter complètement l’exposition à ces molécules et en l’absence de méthodes efficaces pour les éliminer de l’organisme, les experts recommandent d’adopter des habitudes de vie favorisant la santé cardiovasculaire, notamment une alimentation équilibrée, une activité physique régulière et le contrôle des facteurs de risque traditionnels. La protection du cœur contre les nouveaux risques environnementaux repose donc, en grande partie, sur des stratégies préventives individuelles et collectives.

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