Les négociateurs africains pour le climat ont ouvert une réunion de stratégie de deux jours à Antalya, en Turquie, pour unifier la position du continent avant la 31e Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP31). L’Afrique réclame un renforcement du Fonds vert pour le climat face aux pressions économiques et climatiques.
Les représentants des gouvernements africains, les investisseurs, les institutions financières et les partenaires de développement se préparent pour le sommet d’Antalya, prévu du 9 au 20 novembre 2026. Nana Dr. Antwi-Boasiako Amoah, président du Groupe des négociateurs africains sur le changement climatique (AGN), a souligné que le groupe aborde la conférence avec le financement climatique et l’application des engagements existants au premier rang des priorités.
La pression de la dette et la crise énergétique à l’ouverture d’Antalya
La réunion préparatoire de l’AGN, qui s’est tenue les 1er et 2 novembre 2026, intervient alors que l’agence météorologique ghanéenne (GMet), l’Administration nationale des océans et de l’atmosphère (NOAA), l’Institut international de recherche pour le climat et la société (IRI) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM) alertent sur un phénomène El Niño très puissant dans l’océan Pacifique. Ce phénomène atteindra son maximum entre le moment présent et janvier 2027 avant de s’affaiblir au cours du premier semestre de 2027, menaçant la sécurité alimentaire et les réservoirs hydroélectriques après avoir déjà prouvé sa dangerosité lors des événements de 1982-1983, 1997-1998, 2015-2016 et 2023-2024.

Dans le même temps, les contraintes financières pèsent lourdement sur les économies du continent. Selon Nana Dr. Les nations africaines ne peuvent pas investir dans l’énergie propre et la résilience tout en dépensant davantage pour le service de la dette que pour la santé, l’éducation et l’action climatique réunies.
Le sommet de mise en œuvre et les projets d’investissement de Lagos
En marge de la COP31, le 13 novembre 2026, Antalya accueillera le premier Sommet de la mise en œuvre climatique en Afrique (ACIS), une plateforme panafricaine conçue sous le thème Des engagements climatiques à l’investissement : relier les projets africains, le financement climatique et la mise en œuvre,
qui vise à établir une dynamique durable menant à la COP32 à Addis-Abeba en Éthiopie en 2027.
L’État de Lagos se présente à la conférence avec une opportunité d’investissement estimée entre 25 milliards et 50 milliards de dollars à travers plus de 300 projets potentiels, pilotés par Titilayo Oshodi, conseillère spéciale du gouverneur pour le changement climatique et l’économie circulaire. Pour préparer ces investissements, la délégation a notamment mené une clinique de préparation au financement climatique réunissant plus de 140 institutions financières et s’appuie sur le Fonds de défense et catalytique climatique lancé en juillet 2026 pour mobiliser jusqu’à trois milliards de dollars par an.
Exigences de transparence et de redevabilité financière
Les discussions d’Antalya abordent également la question de l’utilisation des fonds déjà alloués. Nicole Martens, directrice exécutive de Just Share, souligne que les banques, les investisseurs et les fonds de pension doivent rendre des comptes sur leurs financements, notant que l’évaluation menée en 2026 sur les cinq plus grandes banques sud-africaines montre qu’aucune n’a atteint un score supérieur à 59 % et que l’exposition aux énergies fossiles a augmenté, s’éloignant de la trajectoire requise pour une transition ordonnée.

L’AGN insiste par ailleurs pour que les pays développés respectent leurs obligations financières au titre de l’article 9.1 de l’Accord de Paris de 2015 avant d’élargir la base des contributeurs, tout en réclamant un mécanisme de transition juste et une reconstitution ambitieuse du Fonds vert pour le climat.