Des affrontements violents ont éclaté samedi à Chinatown, à New York, alors que des centaines de manifestants tentaient d’empêcher une opération d’expulsion menée par les agents de l’Immigration and Customs Enforcement (ICE). Cet incident, le deuxième en un peu plus d’un mois, illustre la résistance croissante à la politique migratoire stricte de l’administration Trump dans une ville profondément marquée par l’immigration.
À retenir
- Des manifestants ont bloqué une opération de l’ICE à Chinatown, entraînant des arrestations.
- L’activité de l’ICE s’intensifie à New York, malgré une rencontre récente entre le maire élu et Donald Trump.
- New York pourrait devenir un terrain d’affrontement majeur entre les autorités fédérales et les défenseurs des droits des immigrés.
Contexte
Le samedi 2 décembre 2023, des agents de la douane et de la protection des frontières (CBP) et du ministère de la Sécurité intérieure (DHS) se sont rassemblés dans un parking près de Chinatown, préparant une opération d’expulsion. Rapidement, une foule de manifestants s’est formée, bloquant les véhicules fédéraux. La situation a dégénéré, nécessitant l’intervention de la police de New York (NYPD), qui a procédé à plusieurs arrestations.
Un raid similaire avait déjà eu lieu le 21 octobre dernier, près de Canal Street, dans le Lower Manhattan, mobilisant plus de 50 agents fédéraux et suscitant une forte réaction de la part des manifestants. Ces opérations s’inscrivent dans une recrudescence de l’activité de l’ICE à New York ces dernières semaines.
Cette intensification de la répression migratoire intervient malgré une rencontre début décembre entre le maire élu de New York, Zohran Mamdani, et le président Donald Trump. Bien que cette rencontre ait semblé apaisante, elle n’a pas freiné les opérations de l’ICE.
Ce qui change
L’arrivée prochaine de Zohran Mamdani à la mairie, en janvier 2024, pourrait marquer un tournant. Mamdani, lui-même immigré arrivé aux États-Unis à l’âge de sept ans, a fait campagne sur la promesse de protéger la communauté immigrée de New York. Il a déjà exprimé son opposition aux raids de l’ICE, qualifiant ces opérations de « cruelles et inhumaines ».
Dans une déclaration publiée dimanche, Monica Klein, porte-parole de l’équipe de transition de Mamdani, a affirmé que le maire élu « restera inébranlable dans son engagement à protéger les droits et la dignité de chaque New-Yorkais, à faire respecter nos lois de sanctuaire et à désamorcer la situation plutôt que de recourir à une force inutile ».
Le DHS a quant à lui dénoncé des « agitateurs » qui auraient bloqué les agents fédéraux, les accusant d’obstruction à l’action des forces de l’ordre. Selon le DHS, ces individus, vêtus de noir, portaient des masques et des lunettes de protection.
Murad Awawdeh, président de New York Immigration Coalition, a souligné que la ville de New York, avec ses rues étroites et ses quartiers densément peuplés, représente un défi particulier pour l’ICE. Il a également insisté sur la détermination des New-Yorkais à défendre leurs voisins immigrés.
Prochaines étapes
Les tensions entre l’administration Trump et la future administration Mamdani pourraient s’intensifier dans les semaines à venir. Il faudra surveiller de près la réaction de l’ICE aux déclarations et aux actions du nouveau maire. L’efficacité des systèmes d’alerte communautaires mis en place par les militants, tels que la distribution de sifflets, sera également un facteur clé pour contrer les opérations de l’ICE.
L’incident de samedi pourrait également encourager d’autres villes, comme Chicago et Portland, où des réactions similaires ont déjà eu lieu, à renforcer leur opposition à la politique migratoire de l’administration Trump.
Chiffres clés
- Plus de 50 agents fédéraux : Mobilisés lors du raid du 21 octobre à Canal Street.
- 200 manifestants : Estimés lors de la contre-manifestation de samedi à Chinatown.
- 3 millions d’immigrants : Nombre d’immigrants vivant dans la ville de New York.
Sources
Déclaration de Monica Klein, porte-parole de l’équipe de transition de Zohran Mamdani, 3 décembre 2023.
Communiqué du ministère de la Sécurité intérieure (DHS), 3 décembre 2023.
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