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Les partenaires étrangers de “Lukoil” réévaluent leur participation à des projets communs

by Nicolas Lefèvre

Publié le 29 octobre 2025 à 10h03. Les sanctions occidentales à l’encontre de Loukoïl, géant pétrolier russe, provoquent une réévaluation des partenariats internationaux de l’entreprise, plusieurs acteurs étrangers examinant désormais leur participation dans des projets communs.

  • TotalEnergies, partenaire de Loukoïl dans la raffinerie Zeeland aux Pays-Bas, se dit conforme aux sanctions internationales et étudie les conséquences de la vente d’actifs annoncée par le groupe russe.
  • Le japonais Inpex, impliqué dans un projet pétrolier en Irak avec Loukoïl, analyse également l’impact des sanctions.
  • Shell, actionnaire du champ de Karachaganak au Kazakhstan, se refuse à commenter une éventuelle acquisition de la part de Loukoïl.

Les récentes sanctions imposées par les États-Unis et le Royaume-Uni à Loukoïl et à ses filiales ont mis en mouvement les partenaires étrangers de la compagnie russe. Plusieurs d’entre eux ont indiqué à l’agence de presse TASS qu’ils réévaluaient temporairement leur participation dans les projets communs.

TotalEnergies, qui détient 55 % de la raffinerie Zeeland aux Pays-Bas, en partenariat avec Loukoïl (45 % via sa filiale Litasco), a affirmé opérer dans le strict respect des sanctions internationales. Le groupe français a pris connaissance de l’annonce de Loukoïl, datée du 27 octobre 2025, concernant la vente de ses actifs internationaux.

« TotalEnergies a pris connaissance de la déclaration de Loukoïl en date du 27 octobre 2025 concernant la vente de ses actifs internationaux. Nous évaluons actuellement les conséquences et explorons les alternatives qui peuvent être mises en œuvre en tant qu’actionnaire de la raffinerie pour assurer la continuité des activités conformément aux sanctions applicables. »

Service de presse de TotalEnergies

Parallèlement, la société japonaise Inpex, qui développe avec Loukoïl le bloc 10 (champ d’Eridu) dans le sud de l’Irak, analyse les effets des sanctions et leur impact sur le projet. Loukoïl est l’opérateur de ce projet avec une participation de 60 %, tandis qu’Inpex Southern Iraq en détient 40 %. L’entreprise japonaise n’a pas souhaité commenter ses projets futurs.

Shell, l’un des principaux actionnaires du champ de Karachaganak au Kazakhstan, où Loukoïl possède 13,5 %, s’est également abstenu de tout commentaire concernant une éventuelle acquisition de la participation russe, alors que Loukoïl envisage de se séparer de ses actifs internationaux.

En Bulgarie, le groupe russe contrôle totalement la plus grande raffinerie du pays, Loukoïl Neftohim Burgas. La vente de ces actifs, comme d’autres à l’étranger, sera soumise à l’approbation du Conseil des ministres et à un avis favorable de l’Agence d’État pour la sécurité nationale (DANS), suite à une décision parlementaire du 24 octobre.

Ces réactions font suite à l’annonce de nouvelles sanctions américaines contre Loukoïl et ses filiales début octobre, auxquelles le Royaume-Uni a ajouté l’entreprise à sa liste de sanctions mi-octobre. Les restrictions américaines épargnent les accords du Caspian Pipeline Consortium (KTC) et de Tengizchevroil, tandis que les sanctions britanniques couvrent également les champs de Karachaganak au Kazakhstan et de Shah Deniz dans la mer Caspienne.

En réponse, Loukoïl a annoncé son intention de vendre ses actifs internationaux, et étudie déjà les offres d’acheteurs potentiels.

Loukoïl possède, par l’intermédiaire de sa filiale Litasco, deux raffineries en Europe (Petrotel Lukoil en Roumanie et Loukoïl Neftohim Burgas en Bulgarie) et une participation de 45 % dans la raffinerie Zeeland aux Pays-Bas. Fin 2024, l’entreprise exploitait un réseau de plus de 2 456 stations-service à l’étranger, notamment aux États-Unis et en Europe, ainsi qu’une chaîne de plus de 200 stations-service en Bulgarie.

Au-delà des raffineries et des stations-service, Loukoïl est impliquée dans d’importants projets internationaux, tels que Shah Deniz en Azerbaïdjan (19,99 %), Karachaganak et Tengiz au Kazakhstan (13,5 % et 5 % respectivement), les champs Kanlim-Khauzak-Shadi et Gisar en Ouzbékistan, ainsi que West Kurna-2 et Eridu en Irak. La société détient également 10 % du projet Gasha à Abu Dhabi, et participe à des projets en Afrique (Égypte, Cameroun, Nigeria, Ghana, République du Congo) et au Mexique, en collaboration avec Eni et PetroBal.

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