Publié le 23 décembre 2025 à 14h32. L’extrême droite brésilienne, fragilisée par l’incarcération de Jair Bolsonaro, a trouvé un nouveau motif d’indignation : une publicité pour la marque de tongs Havaianas, perçue comme une provocation par les partisans de l’ancien président.
- L’appel au boycott lancé par les bolsonaristes a entraîné une baisse de la valeur boursière de l’entreprise.
- Eduardo Bolsonaro, fils de l’ancien président, a publiquement jeté une paire de tongs Havaianas à la poubelle en signe de protestation.
- Cette polémique s’inscrit dans une tendance observée aux États-Unis, où des marques ont été visées par des appels au boycott pour des raisons idéologiques.
Alors que l’extrême droite brésilienne cherche à se réorganiser après l’emprisonnement de son leader, Jair Bolsonaro, pour tentative de coup d’État, une publicité pour la marque de tongs Havaianas a déclenché une vive controverse. L’actrice Fernanda Torres, vedette du film oscarisé Je suis toujours là, y exprime le souhait que le public n’aborde pas l’année 2026 « du bon pied », mais « des deux pieds ».
Cette remarque a été interprétée par les partisans de Bolsonaro comme une allusion à une orientation politique de gauche, ce qui a immédiatement suscité un appel au boycott. Cette action rappelle les campagnes similaires menées aux États-Unis contre des marques comme Bud Light, Keurig, Kellogg’s et même Beyoncé, suite à des prises de position perçues comme allant à l’encontre de leurs valeurs.
Eduardo Bolsonaro, l’un des fils de l’ancien président, dont le mandat de député a été révoqué après son installation aux États-Unis pour faire pression sur Donald Trump, a activement participé à la contestation. Il a publié une vidéo sur Instagram où il jette une paire de tongs Havaianas à la poubelle, dénonçant un symbole national trahi.
« Je pensais que c’était ici un symbole national », a-t-il déclaré en désignant le petit drapeau brésilien, emblème de la marque. « Mais je me suis trompé. Ils ont choisi comme porte-parole de la sandale quelqu’un qui est ouvertement de gauche. »
Eduardo Bolsonaro, fils de l’ancien président
Ni Fernanda Torres, ni la marque Havaianas n’ont pour l’instant réagi publiquement à cette polémique. Eduardo Bolsonaro a même suggéré que les responsables marketing de Havaianas devraient solliciter les conseils de Budweiser, une marque américaine qui a également connu des difficultés après une campagne publicitaire controversée.
Le premier jour du boycott, lundi, a entraîné une baisse d’environ 20 millions de livres sterling (environ 23,5 millions d’euros) de la valeur marchande de l’entreprise, selon Folha de S.Paulo.
Sur les réseaux sociaux, les réactions ont été variées. À gauche, certains ont appelé à donner ses tongs Havaianas, tandis que d’autres se sont moqués de la situation, proposant même d’échanger les tongs contre un bracelet électronique aux couleurs du Brésil – une référence ironique à l’étiquette électronique que Bolsonaro avait tenté de détruire avec un fer à souder, ce qui avait conduit à son incarcération après une tentative de sabotage.
Bolsonaro purge actuellement sa peine de prison après avoir été condamné par la Cour suprême pour son rôle dans un complot visant à renverser les résultats des élections de 2022.