Publié le 24 septembre 2025. Les maladies chroniques sont souvent accompagnées de troubles du sommeil, affectant jusqu’à 70% des patients. Une nouvelle méta-analyse confirme l’efficacité de la thérapie cognitivo-comportementale (TCC) pour améliorer la qualité du sommeil et souligne son acceptabilité par les personnes concernées.
- Entre 10 et 15% des adultes souffrent de troubles du sommeil, un taux qui grimpe considérablement en présence de maladies chroniques.
- La TCC pour l’insomnie, basée sur le contrôle des stimuli, la restriction du sommeil et la restructuration cognitive, s’avère bénéfique même chez les patients présentant des comorbidités psychiatriques ou physiques.
- Une étude regroupant plus de 5 000 participants révèle que la TCC améliore significativement la gravité de l’insomnie et, à plus long terme, l’efficacité du sommeil.
Les troubles du sommeil sont une complication fréquente des maladies chroniques. Selon une méta-analyse récente, menée par le Dr Amelia Scott de l’Université de Sydney et son équipe, près de 60% des patients atteints de cancer et 70% de ceux souffrant de maladies chroniques se plaignent d’insomnie. Ces troubles ne sont pas anodins, car ils peuvent aggraver la maladie sous-jacente.
La thérapie cognitivo-comportementale pour l’insomnie (TCC-I) est une approche structurée qui vise à modifier les pensées et les comportements qui contribuent aux problèmes de sommeil. Elle comprend des techniques telles que le contrôle des stimuli (associer le lit uniquement au sommeil), la restriction du sommeil (limiter le temps passé au lit pour augmenter la pression du sommeil) et la restructuration cognitive (remettre en question les croyances négatives concernant le sommeil). L’efficacité de la TCC-I est déjà bien établie dans le traitement de l’insomnie primaire et en présence de troubles psychiatriques ou physiques associés.
L’équipe de recherche a entrepris une revue systématique des études existantes afin de mieux comprendre l’efficacité de la TCC-I chez les patients atteints de maladies chroniques, en particulier ceux souffrant de douleur, de fatigue ou de troubles cognitifs. Leur analyse a porté sur 67 essais cliniques randomisés impliquant plus de 5 000 participants. Les principaux critères d’évaluation étaient la gravité de l’insomnie, l’efficacité du sommeil (rapport entre le temps de sommeil réel et le temps passé au lit) et la latence du sommeil (temps nécessaire pour s’endormir).
Les résultats de l’étude montrent que la TCC-I permet d’améliorer significativement la gravité de l’insomnie. Des effets plus modestes ont été observés sur l’efficacité du sommeil et la latence du sommeil, mais ces améliorations étaient plus prononcées sur une plus longue durée de traitement. Le traitement a été bien toléré par les patients, avec un faible taux d’abandon (13,3%) et peu d’effets secondaires signalés.
Ces conclusions plaident en faveur d’une utilisation plus large de la TCC-I chez les patients atteints de maladies chroniques. Les auteurs soulignent la nécessité d’améliorer l’accès à cette forme de thérapie et suggèrent que ses effets pourraient être étudiés non seulement sur le sommeil, mais également sur l’évolution des maladies chroniques elles-mêmes.
Scott AJ et coll. JAMA Intern Med 2025 ;https://jamanetwork.com/journals/jamainternalmedicine/article-abstract/2839294
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