Publié le 27 septembre 2024. La droite brésilienne, affaiblie par la condamnation de Jair Bolsonaro et la consolidation du pouvoir de Lula, revoit ses stratégies en vue des prochaines échéances électorales, se concentrant désormais sur le Parlement et reportant ses ambitions présidentielles à 2030.
- La condamnation de l’ancien président Bolsonaro a divisé la droite, qui peine à trouver une stratégie viable face à la situation.
- Le gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas, a rendu visite à Bolsonaro et a reconnu la difficulté de sa situation, tout en renonçant pour l’instant à une candidature à la présidence.
- Lula renforce sa position et sa popularité, notamment en défendant le pouvoir d’achat des Brésiliens.
Alors que Edson Fachin prenait officiellement ses fonctions de président de la Cour suprême fédérale, un autre événement majeur marquait le paysage politique brésilien : la visite du gouverneur de São Paulo, Tarcísio de Freitas, à Jair Bolsonaro, pour la première fois depuis sa condamnation. Freitas a publiquement reconnu la gravité de la situation juridique de l’ancien président.
Cette condamnation représente un revers significatif pour la droite brésilienne, qui se retrouve sur la défensive. Consciente de l’impossibilité constitutionnelle d’une amnistie générale, elle est divisée entre ceux qui continuent de la revendiquer et ceux qui explorent d’autres voies pour atténuer les sanctions. L’acceptation de la condamnation de Bolsonaro semble désormais être le point de convergence.
Parallèlement, la droite semble également accepter la victoire de Lula pour un quatrième mandat. Tarcísio de Freitas lui-même a clairement indiqué qu’il se concentrerait sur sa réélection à la gouvernance de São Paulo, plutôt que de se lancer dans une course à la présidence. Il est conscient du fort soutien dont bénéficie Lula et cherche à éviter un scénario où il perdrait à la fois le gouvernement de São Paulo et l’opportunité de briguer la présidence.
Les différents acteurs de la droite envisagent désormais de concentrer leurs efforts sur les élections de 2030, estimant qu’ils auront alors de meilleures chances de succès face à un Lula ayant achevé son quatrième mandat. Cependant, la perspective d’une candidature de l’actuel vice-président, Geraldo Alckmin, à la gouvernance de São Paulo, sous les couleurs du PSDB, inquiète également Freitas, car Alckmin serait un candidat soutenu par Lula et pourrait compromettre ses chances de réélection.
La droite est également critiquée pour son alignement sur une politique économique jugée néfaste pour le pays, perçue comme un moyen de déstabiliser l’économie et de justifier la condamnation de Bolsonaro. Cette stratégie s’est avérée contre-productive et a finalement profité à Lula.
Cette volte-face stratégique pourrait entraîner la destitution du député Eduardo Bolsonaro, présenté comme l’un des principaux artisans de cette politique dite de « l’augmentation tarifaire », dont il se vantait ouvertement.
Dans l’ensemble, l’affaiblissement de l’opposition a permis à Lula de renforcer sa position, de restaurer la souveraineté du Brésil et de réaffirmer son rôle de président au service de tous les Brésiliens, notamment en défendant leur pouvoir d’achat face à la hausse des prix.
La droite semble désormais se concentrer sur les élections législatives, cherchant à maintenir sa majorité à la Chambre des députés et à la renforcer au Sénat, dans l’espoir de pouvoir entraver le quatrième mandat de Lula.
En conclusion, l’équilibre des pouvoirs au Brésil s’est clairement incliné en faveur de la gauche et au détriment de la droite, avec des perspectives favorables à un nouveau mandat pour Lula.
