La zone euro affiche des signes de reprise économique, ce qui pourrait entraîner une hausse des taux d’intérêt. Toutefois, des données décevantes en France pourraient peser sur les obligations d’État françaises et freiner cet élan.
Les indices PMI (Purchasing Managers’ Index) de la zone euro, qui mesurent l’activité des directeurs d’achat, devraient rester au-dessus du seuil de 50, signalant une croissance continue. Les marchés anticipent une légère amélioration de l’indice manufacturier allemand, qui pourrait atteindre le seuil de 50, un niveau non vu depuis 2022. Cette dynamique, combinée à une impulsion fiscale accrue en Allemagne, alimente un optimisme prudent.
Cependant, l’attention se porte sur la France, où les PMI devraient marquer le pas. Cette situation pourrait compliquer les perspectives budgétaires françaises et entraîner un élargissement des écarts de taux d’intérêt par rapport à l’Espagne et à l’Italie, qui bénéficient de PMI plus solides et de récentes améliorations de leur notation.
Les experts soulignent que les marchés ne réagiront pas immédiatement à une seule lecture décevante, mais une série de résultats négatifs pourrait inciter la Banque centrale européenne (BCE) à envisager de nouvelles baisses de taux. À l’heure actuelle, les perspectives d’inflation restent modérées, ce qui offre à la BCE une marge de manœuvre. L’horizon 2026-2027 devrait rester favorable grâce aux perspectives de soutien budgétaire.
Ce mardi, les PMI sont au centre de l’attention. Les prévisions pour la zone euro tablent sur un indice manufacturier à 50,5 et un indice des services à 50,7. L’Allemagne montre une légère amélioration, bien que les services restent en dessous de 50. La France, quant à elle, devrait voir ses PMI se contracter, avec un indice manufacturier à peine supérieur à 50 et un indice des services déjà en territoire négatif.
Des responsables de la BCE, dont Georg Müller, Martin Kocher et Piero Cipollone, prendront la parole aujourd’hui. Aux États-Unis, les PMI devraient également être légèrement inférieurs à 52, mais rester supérieurs à 50. Les interventions de Jerome Powell, Michelle Bowman et Raphael Bostic, de la Réserve fédérale, seront également scrutées.
Sur les marchés primaires, les Pays-Bas lanceront une nouvelle obligation à 30 ans, le Portugal a lancé une nouvelle obligation à 10 ans et augmenté une ligne à 30 ans, l’Allemagne vendra pour 4,5 milliards d’euros d’obligations à 2 ans (Schatz), et le Royaume-Uni vendra pour 1,5 milliard de livres sterling d’obligations. Le Trésor américain placera, quant à lui, 69 milliards de dollars américains de nouvelles obligations.