Publié le 21 novembre 2023 09:13:00. Un programme pilote dans une prison du Maine offre aux détenus la possibilité de travailler à distance pour des entreprises, certains gagnant des salaires à six chiffres et investissant même dans l’immobilier, suscitant un débat sur la nature de la peine et les risques potentiels pour l’emploi.
- Des détenus du Maine travaillent à distance pour des entreprises externes, certains gagnant plus de 100 000 $ par an.
- Le programme, soutenu par une organisation caritative, vise à offrir aux détenus des compétences professionnelles et une opportunité de réinsertion.
- Des inquiétudes sont soulevées quant à la possibilité pour des employeurs d’embaucher des prisonniers sans le savoir et à la transparence des vérifications d’antécédents.
Une initiative audacieuse dans une prison du Maine permet à certains détenus de se reconvertir professionnellement grâce au travail à distance. L’établissement, avec le soutien financier et logistique d’une organisation extérieure, a mis en place un programme permettant à des prisonniers sélectionnés d’acquérir des compétences numériques et de travailler pour des entreprises basées à l’extérieur des murs de la prison.
Preston Thorpe, 32 ans, est l’un des premiers bénéficiaires de ce dispositif. Après avoir appris seul la programmation informatique, il a été embauché comme ingénieur logiciel senior par une entreprise technologique de San Francisco, avec un salaire annuel pouvant atteindre 100 000 $ (environ 93 000 €). Il a déclaré avoir utilisé cet argent pour acheter une maison, se préparant ainsi à une nouvelle vie après sa libération.
« J’ai maintenant un objectif. Avant, je n’avais rien. J’étais un trafiquant de drogue et je pensais que je n’avais aucune chance de changer de direction dans la vie. »
Preston Thorpe, détenu
L’histoire de Preston Thorpe a cependant soulevé des questions. Glauber Costa, le PDG de l’entreprise qui l’a embauché, a révélé qu’il ignorait initialement la situation carcérale de son employé. La vérification des antécédents s’est avérée étonnamment favorable : “Il a en fait eu la vérification d’antécédents la plus propre que nous ayons jamais faite.” Cette situation s’explique par le fait que l’entreprise ne vérifie les antécédents que sur les sept dernières années, alors que Preston Thorpe est incarcéré depuis plus de dix ans. Il n’a ainsi aucun casier judiciaire, même pour des infractions mineures comme un mauvais stationnement.
Cette lacune dans les procédures de vérification inquiète les détracteurs du programme, qui craignent que des employeurs n’embauchent involontairement des prisonniers ou que des détenus condamnés puissent présenter des dossiers plus “propres” que des citoyens respectueux de la loi. Certains estiment également que cette initiative va au-delà des limites de la peine et transforme la prison en une opportunité de développement de carrière.
Actuellement, environ 40 détenus du Maine participent à ce programme, travaillant dans leurs cellules à l’aide d’ordinateurs portables. Ils exercent des fonctions variées, allant de l’assistance technique informatique au traitement de données. Certains ont même profité de leur temps d’incarcération pour suivre des cours universitaires et de maîtrise, leur permettant de travailler directement à distance pour des entreprises après leur formation.
Le programme est né grâce à l’initiative de la Sunshine Lady Foundation, une organisation caritative fondée par Doris Buffett, la sœur du célèbre investisseur Warren Buffett.
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