Dès 2026, les génériques du sémaglutide, la molécule active des médicaments Ozempic et Wegovy, devraient considérablement faire baisser les prix au Canada, offrant un soulagement aux patients qui doivent actuellement débourser des sommes importantes pour ces traitements.
- L’arrivée de génériques est prévue au cours des premiers mois de 2026.
- Les prix pourraient chuter de plus de 50 %, passant d’environ 300 $ la dose à une fourchette de 75 $ à 100 $.
- Huit médicaments génériques sont actuellement à l’étude par Santé Canada.
Novo Nordisk, le fabricant d’Ozempic et de Wegovy, perdra son exclusivité de vente le 4 janvier prochain, ouvrant la voie à la concurrence des génériques. Le sémaglutide est une molécule utilisée pour gérer le diabète et favoriser la perte de poids.
Pour Lynda Lalande, qui prend de l’Ozempic depuis juillet dernier en raison de problèmes rénaux, cette nouvelle est une bouffée d’espoir. Elle dépense actuellement près de 250 $ par mois pour ce médicament et son médecin souhaiterait même augmenter la dose, ce qu’elle ne peut se permettre pour l’instant.
«Les paiements pour notre auto sont moins élevés que ça»,
Lynda Lalande, patiente
L’arrivée de ces génériques suscitera également une pression accrue sur les régimes d’assurance, tant publics que privés, pour qu’ils remboursent ce médicament, qui est actuellement soumis à des restrictions importantes. La Régie de l’assurance maladie du Québec (RAMQ) ne rembourse l’Ozempic que pour les patients atteints de diabète de type 2 et exclut explicitement tout remboursement pour le traitement de l’obésité. En 2024, l’Ozempic remboursé pour les patients diabétiques a coûté plus de 138 millions de dollars à la RAMQ.
Une analyse de l’Institut national d’excellence en santé et services sociaux (INESSS) a estimé que l’inscription du Wegovy à l’assurance pour les personnes cardiaques et en surpoids pourrait avoir un impact de près d’un milliard de dollars sur le budget de la RAMQ sur cinq ans.
Les assureurs privés pourraient également être incités à revoir leurs politiques de remboursement. Johanne Brosseau, consultante en assurance-médicaments, souligne qu’il est essentiel de ne rembourser que la valeur des nouveaux génériques, même si les patients demandent le médicament original au prix fort.
«Ce n’est pas parce qu’un générique arrive à 50% du coût que ça devient plus acceptable et qu’on devrait ouvrir les vannes»
Johanne Brosseau, consultante en assurance-médicaments
Du côté du ministère de la Santé, on assure suivre de près l’évolution des données cliniques concernant l’utilisation de ces médicaments dans le cadre de la perte de poids, sans toutefois s’engager sur une modification de la loi.
Les médecins, quant à eux, attendent ce changement avec intérêt, tout en soulignant les incertitudes qui subsistent.
«Les prochains mois seront fascinants […]mais il y a beaucoup d’inconnus là-dedans»
Dr Rémi Rabasa-Lhoret, endocrinologue
Des inquiétudes sont également soulevées quant à un éventuel usage «esthétique» du sémaglutide. Benoit Arsenault, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval, met en garde contre les risques liés à la démocratisation de l’accès à un coupe-faim.
«On a des personnes avec des troubles de comportement alimentaire, qui souffrent d’insatisfaction corporelle, qui ont une relation difficile avec la nourriture. De démocratiser l’usage d’un coupe-faim comme le sémaglutide, ça pourrait causer beaucoup de problèmes dans la société»
Benoit Arsenault, professeur à la Faculté de médecine de l’Université Laval
Enfin, des questions demeurent quant à la qualité des génériques, notamment en ce qui concerne le dispositif d’injection. Les chercheurs soulignent qu’il est essentiel de s’assurer que les génériques offrent la même efficacité et la même sécurité que le médicament original.
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