Publié le 16 décembre 2025 13:03:00. Des chercheurs allemands ont mis au point un modèle innovant de mini-tumeurs en laboratoire, combinant cellules vivantes et artificielles, pour mieux comprendre comment le cancer échappe au système immunitaire et ouvrir la voie à de nouvelles thérapies. Cette avancée, issue des travaux de l’INM – Institut Leibniz pour les nouveaux matériaux de Sarrebruck, pourrait particulièrement bénéficier à la recherche sur le cancer du pancréas.
- L’équipe a créé des « tumoroïdes » tridimensionnels en associant des cellules cancéreuses réelles à des cellules synthétiques.
- Ces modèles permettent d’étudier l’interaction entre la tumeur et le système immunitaire sans utiliser de cellules immunitaires réelles.
- Les propriétés de surface des cellules artificielles se révèlent cruciales pour la formation de ces modèles et pourraient être ajustées pour simuler différents environnements tumoraux.
L’originalité de cette approche réside dans la capacité des cellules à s’auto-organiser, un processus influencé par des facteurs tels que la force d’adhésion cellulaire et la texture de leur surface. En recouvrant les cellules synthétiques d’une fine couche lipidique, imitant la membrane des cellules naturelles, les chercheurs ont réussi à créer un environnement artificiel capable de reproduire certains signaux immunitaires. Cela permet d’observer comment les tumeurs parviennent à déjouer les défenses de l’organisme, sans les complexités liées à l’utilisation de cellules immunitaires vivantes.
« Grâce à notre modèle, nous pouvons comprendre comment les tumeurs trompent et bloquent le système immunitaire », explique le Dr Oskar Staufer, de l’INM – Institut Leibniz pour les nouveaux matériaux. « En particulier dans le cancer du pancréas, un type de cancer très agressif, nous avons découvert un nouveau mécanisme par lequel le cancer désactive spécifiquement les cellules immunitaires. »
L’étude, publiée dans la revue Communications Naturales (DOI: 10.1038/s41467-025-66789-3), souligne l’importance des caractéristiques physiques des cellules artificielles pour la formation correcte des modèles tumoraux. Nils Piernitzki, premier auteur de l’étude, précise :
« Jusqu’à présent, nous nous sommes concentrés sur une configuration expérimentale simple afin de pouvoir estimer le potentiel du modèle. Ensuite, nous voulons imiter l’environnement tumoral dans le corps humain de la manière la plus réaliste possible. »
À terme, cette méthode pourrait non seulement faire progresser la recherche fondamentale sur le cancer, mais également ouvrir la voie à la conception de nouveaux matériaux médicaux combinant des éléments biologiques et synthétiques. Les chercheurs envisagent de développer des environnements tumoraux artificiels sur mesure, adaptés à l’étude de différents types de cancer et à la mise au point de traitements plus ciblés.
Source : INM – Institut Leibniz pour les nouveaux matériaux gGmbH
Publication originale : Nils Piernitzki et coll.; Auto-assemblage de cultures hybrides 3D en intégrant des cellules vivantes et synthétiques ; Communications Naturales, décembre 2025.
À lire aussi
