Publié le 2 novembre 2025. La lutte contre le paludisme, souvent perçue comme un indicateur de la santé mondiale, pourrait être compromise par les réductions de l’aide internationale, menaçant également des progrès réalisés contre des maladies tropicales négligées qui touchent plus d’un milliard de personnes.
- Les coupes budgétaires dans l’aide au développement, notamment de la part des États-Unis et du Royaume-Uni, mettent en péril les avancées significatives obtenues dans la lutte contre le paludisme depuis 2000.
- Les maladies tropicales négligées (MTN), bien que moins médiatisées, représentent une menace majeure pour la santé publique dans les pays tropicaux pauvres et pourraient être les prochaines victimes de ces restrictions financières.
- Malgré les défis, des progrès notables ont été accomplis dans la réduction de l’incidence des MTN, avec 54 pays ayant éliminé au moins une de ces maladies.
L’éditorial de The Guardian du 27 octobre soulignait à juste titre que le paludisme pourrait servir de « canari dans la mine de charbon », signalant un effondrement potentiel des décennies de progrès en matière de santé mondiale en raison du désengagement de donateurs clés. Les conséquences de cette situation pourraient s’étendre bien au-delà du paludisme, affectant également des maladies comme le VIH et la tuberculose.
L’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit les maladies tropicales négligées (MTN) comme des affections causées par des agents pathogènes qui touchent de manière disproportionnée les communautés pauvres des régions tropicales. Cette catégorie englobe un large éventail de maladies, notamment la dengue, la lèpre, la rage, ainsi que diverses affections entraînant cécité, handicap et stigmatisation. Ensemble, ces maladies affectent plus d’un milliard de personnes dans le monde.
Depuis l’an 2000, des progrès considérables ont été réalisés dans la réduction du paludisme grâce au soutien financier du Fonds mondial, qui a permis de sauver des millions de vies. Cependant, les MTN ont eu plus de difficultés à obtenir un financement durable, dépendant largement des dons de produits pharmaceutiques, des organisations non gouvernementales internationales et de l’aide de gouvernements tels que les États-Unis, l’Union européenne, le Japon et le Royaume-Uni.
Malgré ces contraintes, des avancées significatives ont été obtenues grâce à l’engagement des communautés locales, des agents de santé et des programmes nationaux dans les pays endémiques. Un rapport récent de l’OMS indique que le nombre de personnes touchées par les MTN a diminué de 900 millions entre 1990 et 2021. De plus, 54 pays ont réussi à éliminer au moins une MTN, avec des progrès notables dans l’élimination du trachome et une éradication mondiale du ver de Guinée (dracunculose) qui se profile à l’horizon.
Selon les experts, des augmentations modestes mais continues du financement pourraient permettre de reléguer de nombreuses MTN au passé. Bien que l’impact des réductions de financement soit plus difficile à quantifier pour les MTN – en raison du manque de données précises sur leur prévalence réelle, conséquence même de leur caractère « négligé » – les conséquences pourraient être graves et durables.
« Pour préserver les acquis fragiles contre le paludisme, les maladies tropicales négligées et d’autres maladies, le gouvernement britannique doit maintenir son soutien au développement international. L’élimination de ces fléaux est dans l’intérêt du public britannique. »
Professeur Heather Ferguson, Université de Glasgow
La préservation des progrès réalisés dans la lutte contre ces maladies est donc essentielle, non seulement pour les populations affectées, mais également pour la santé publique mondiale.
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