Les femmes sont plus sensibles aux effets des facteurs de risque cardiovasculaires que les hommes, selon une vaste étude présentée lors du congrès annuel de l’American College of Cardiology (ACC). Ces résultats soulignent la nécessité d’une approche personnalisée de la prévention des maladies cardiaques, tenant compte des spécificités de chaque sexe.
L’étude, menée auprès de plus de 175 000 adultes canadiens entre 2009 et 2017, a révélé que, pour un même niveau de santé, l’impact négatif de facteurs tels que l’alimentation, l’activité physique, le tabagisme, le sommeil, l’indice de masse corporelle, la glycémie, le cholestérol et la tension artérielle est plus important chez les femmes que chez les hommes.
« Notre étude montre qu’à niveau de santé égal, l’augmentation du risque est plus élevée chez les femmes que chez les hommes – ce n’est pas une approche universelle », a expliqué le Dr Maneesh Sud, professeur adjoint de médecine et cardiologue interventionnel au Sunnybrook Health Sciences Centre de Toronto, principal auteur de l’étude. « C’est une découverte nouvelle qui n’avait pas été observée dans d’autres recherches. »
Les chercheurs ont constaté que les femmes avaient tendance à présenter un meilleur profil de santé global que les hommes. En effet, 9,1 % des femmes, contre 4,8 % des hommes, ont obtenu un score parfait de 8 sur 8, indiquant une santé idéale sur les huit facteurs étudiés. De même, un plus faible pourcentage de femmes (21,9 %) a été classé en mauvaise santé par rapport aux hommes (30,5 %). Les femmes étaient également plus susceptibles d’avoir une alimentation saine, une glycémie, un taux de cholestérol et une tension artérielle idéaux.
Cependant, l’étude a mis en évidence une différence cruciale : les femmes présentant des facteurs de risque plus négatifs étaient confrontées à une augmentation significativement plus importante de leur risque de crise cardiaque, d’accident vasculaire cérébral ou d’autres événements cardiovasculaires que les hommes présentant un profil similaire. Les femmes en mauvaise santé avaient près de cinq fois plus de risques de développer une maladie cardiaque que celles en bonne santé, contre un risque multiplié par 2,5 pour les hommes. Les femmes ayant un état de santé intermédiaire couraient un risque 2,3 fois plus élevé que celles en bonne santé, tandis que ce risque était de 1,6 pour les hommes.
« Nous avons observé que les femmes ont tendance à être en meilleure santé que les hommes, mais que l’impact sur les résultats est différent », a précisé le Dr Sud. « La combinaison de ces facteurs a un effet plus prononcé chez les femmes. »
Les participants à l’étude n’avaient pas de maladie cardiaque préexistante au début du suivi, qui a duré un peu plus de 11 ans. Les chercheurs ont suivi l’incidence de sept maladies cardiaques : crise cardiaque, accident vasculaire cérébral, angine de poitrine instable, maladie artérielle périphérique, insuffisance cardiaque, revascularisation coronarienne et décès cardiovasculaire.
Les chercheurs prévoient de mener des analyses complémentaires pour déterminer si des différences existent dans l’impact des facteurs de risque en fonction des groupes raciaux et ethniques, ainsi qu’entre les femmes avant et après la ménopause. Ils soulignent la nécessité de poursuivre les recherches pour mieux comprendre les mécanismes biologiques et socioculturels qui expliquent ces disparités entre les sexes.
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