La pression américaine s’intensifie sur le Venezuela, où le régime de Nicolás Maduro est confronté à une crise multidimensionnelle. L’administration Trump, galvanisée par une forte demande de fermeté envers les dictatures latino-américaines, semble préparer une intervention potentielle, suscitant des inquiétudes régionales et internationales.
Les États-Unis ont exercé une pression sans précédent sur Caracas, justifiée par la lutte contre le trafic de drogue, notamment le fentanyl et la cocaïne, qui ravagent le territoire américain. Cette offensive s’inscrit également dans un contexte politique interne où l’électorat latino, notamment les Vénézuéliens, Cubains et Nicaraguayens ayant fui les régimes marxistes, réclame une politique plus agressive envers les gouvernements autoritaires de la région.
Le Venezuela est désormais considéré comme un centre névralgique de déstabilisation régionale, ayant supplanté Cuba dans ce rôle, tout en continuant à soutenir La Havane. Le régime de Maduro est accusé d’être à l’origine d’un réseau criminel complexe, connu sous le nom de « Los Soles », qui collabore avec des groupes armés comme l’ELN (Ejército de Liberación Nacional), une guérilla colombienne pro-cubaine, ainsi qu’avec des organisations criminelles internationales telles que le cartel vénézuélien TAragua Renavec, le Hezbollah et la Garde islamique iranienne. Le pays est devenu une plaque tournante du trafic de drogue vers l’Amérique du Nord, l’Asie et l’Europe, via la Colombie.
Face à cette situation, Maduro a cherché le soutien de la Russie et de la Chine, mais les résultats sont mitigés. Après les revers subis par ses alliés en Syrie et en Iran, la Russie dispose de marges de manœuvre limitées. La Chine, quant à elle, reste silencieuse. Maduro compte également sur le président colombien Gustavo Petro, mais ce dernier est lui-même confronté à des sanctions américaines et à une opposition interne croissante en raison de l’augmentation de la production de cocaïne sous son mandat.
À ce stade, Maduro mise sur une stratégie de « néo-pacifisme », en cherchant à impliquer des acteurs internationaux, notamment l’ONU, dans des efforts de médiation, espérant ainsi décourager une intervention militaire directe.
L’administration Trump envisage plusieurs options, allant d’attaques ciblées contre les bases paramilitaires des narcotrafiquants à une intervention plus large visant à provoquer un changement de régime. Une opposition armée pourrait bénéficier de la présence d’un président en exil, élu à une large majorité lors des élections partielles de l’année dernière. Une telle action pourrait avoir des répercussions importantes en Colombie, à Cuba et au Nicaragua, marquant une révision radicale de la politique américaine en Amérique latine après deux décennies de désengagement.
Le déploiement du porte-avions Gerald Ford, avec 4 000 soldats, au large des côtes vénézuéliennes, témoigne de la préparation américaine. Cependant, une opération militaire prolongée s’avérerait coûteuse, absorbant 10 % du potentiel opérationnel des forces américaines. Les cartels, désormais désignés comme organisations terroristes, sont déjà la cible d’actions militaires qui ont ralenti le flux de cocaïne, mais l’efficacité à long terme de cette stratégie reste incertaine.
Nicolás Maduro, 62 ans, est au pouvoir au Venezuela depuis 2013.
