Home Technologie et scienceLes scientifiques captent un signal radio de la comète 3I/ATLAS qui met fin aux doutes : « C’est cohérent avec des processus naturels »

Les scientifiques captent un signal radio de la comète 3I/ATLAS qui met fin aux doutes : « C’est cohérent avec des processus naturels »

by Thomas Caron

Publié le 13 novembre 2025 07:34:00. L’excitation suscitée par un signal radio capté par le radiotélescope SuricateKAT en provenance de la comète interstellaire 3I/ATLAS s’est dissipée : il ne s’agit pas d’un message extraterrestre, mais d’une signature chimique liée à l’évaporation de l’eau de la comète.

  • Le radiotélescope SuricateKAT a détecté un signal radio provenant de la comète 3I/ATLAS le 24 octobre 2025.
  • Ce signal est dû à des raies d’absorption aux fréquences de 1 665 et 1 667 MHz, causées par des radicaux hydroxyles (OH) libérés par l’eau en évaporation.
  • 3I/ATLAS est le troisième objet interstellaire détecté dans notre système solaire, après 1I/‘Oumuamua et 2I/Borissov, et le premier à émettre un signal radio détectable.

L’annonce d’un signal radio capté par le radiotélescope SuricateKAT en Afrique du Sud a enflammé l’imagination du monde entier. Rapidement, les théories les plus folles ont circulé, évoquant des messages extraterrestres, des codes cachés, voire un écho lointain du célèbre signal WOW! de 1977. Mais, comme c’est souvent le cas, la réalité s’avère plus prosaïque, bien que tout aussi intéressante pour la science.

Le signal détecté n’est pas une transmission d’une intelligence lointaine, mais une signature chimique. Les astronomes ont identifié des raies d’absorption aux fréquences de 1 665 et 1 667 MHz, causées par la présence de radicaux hydroxyles (OH). Ces molécules sont libérées lorsque l’eau s’évapore de la comète en s’approchant du Soleil et interagit avec le rayonnement solaire.

« C’est la première fois que nous détectons un signal de ce type dans un objet interstellaire »,

Dr Stephen Potter, astronome à l’Observatoire sud-africain de radioastronomie

« Cela confirme que 3I/ATLAS est une comète active, avec une coma riche en vapeur d’eau, comme les comètes de notre système solaire. »

Ce qui rend 3I/ATLAS particulièrement intéressante, c’est sa nature d’objet interstellaire. Après la découverte de 1I/‘Oumuamua et de 2I/Borissov, 3I/ATLAS est le troisième visiteur venu d’ailleurs à être détecté dans notre voisinage cosmique. Mais contrairement à ses prédécesseurs, elle émettait un signal radio détectable, ce qui a suffi à alimenter les spéculations les plus folles.

Sur les réseaux sociaux, les théories se sont multipliées. Certains affirmaient avoir décelé une séquence de Fibonacci dans le signal, d’autres y voyaient une coïncidence avec des transmissions lunaires, et un utilisateur de Twitter a même avancé l’idée d’un avertissement provenant d’une civilisation nous observant. Des scénarios dignes des plus grands films de science-fiction, mais infondés.

« Le signal 3I/ATLAS est cohérent avec les processus naturels. Il n’y a aucun signe de technologie artificielle. »

Avi Loeb, astrophysicien de Harvard

Pourtant, l’attrait du mot « signal » est indéniable. Il évoque des références culturelles fortes comme le film Contact, le roman Interstellar ou encore le mystérieux signal WOW! qui reste inexpliqué à ce jour. Lorsque la science annonce la détection d’un signal radio provenant d’une comète interstellaire, le titre s’écrit presque tout seul, même si le contenu relève davantage de la chimie que de la science-fiction.

Paradoxalement, cette découverte démystifie non seulement les mythes, mais rapproche également les comètes de notre compréhension. Si 3I/ATLAS émet de l’OH, si elle contient de l’eau et si elle forme une coma en s’approchant du Soleil, alors elle n’est pas si différente des comètes que nous observons chaque année. Un visiteur lointain, certes, mais avec des caractéristiques familières.

C’est en soi une révélation. Cela suggère que les processus qui forment les comètes pourraient être universels, que l’eau, cet ingrédient essentiel à la vie, est présente dans d’autres systèmes stellaires et voyage à travers l’espace comme un message silencieux.

Actualités connexes

Enfin, l’analyse du décalage Doppler du signal a permis de calculer la vitesse de la comète avec précision : plus de 68 kilomètres par seconde par rapport au Soleil. De plus, la sonde Tianwen-1, en orbite autour de Mars, a capturé des images de 3I/ATLAS entre le 1er et le 4 octobre, révélant une coma s’étendant sur plusieurs milliers de kilomètres et une activité gazeuse intense. Tout confirme que nous sommes face à une comète pleinement active, et non à un simple rocher inerte. Le signal confirme non seulement sa nature, mais ouvre également de nouvelles perspectives pour étudier la chimie des comètes provenant d’autres systèmes stellaires.

Votre avis compte ! Commentez les articles et abonnez-vous gratuitement à notre newsletter et aux alertes d’information dans l’application ou la chaîne WhatsApp. Vous cherchez à obtenir une licence pour du contenu ? cliquez ici.

You may also like

Leave a Comment

This site uses Akismet to reduce spam. Learn how your comment data is processed.