Publié le 26 octobre 2025 20:52:00. Une nouvelle étude révèle les mécanismes cérébraux qui distinguent les voix intérieures des perceptions auditives externes, offrant des pistes pour mieux comprendre les hallucinations auditives souvent associées à la schizophrénie.
- Des chercheurs de l’Université de Nouvelle-Galles du Sud ont identifié un dysfonctionnement dans le traitement auditif du cerveau chez les personnes entendant des voix.
- L’étude, basée sur l’électroencéphalographie, montre que le cerveau des personnes non atteintes de schizophrénie réduit l’activité corticale lorsqu’une pensée interne correspond à un son externe.
- Ces découvertes pourraient ouvrir la voie à de nouveaux biomarqueurs pour la détection précoce de la psychose et à des thérapies ciblées.
Entendre des voix en l’absence de stimuli externes est un phénomène complexe qui touche un nombre significatif de personnes, particulièrement celles diagnostiquées avec un trouble du spectre de la schizophrénie, où les hallucinations auditives constituent un symptôme majeur. Une équipe de chercheurs a récemment mis en lumière un mécanisme cérébral qui pourrait expliquer pourquoi certaines personnes perçoivent ces voix comme réelles.
L’étude, menée par T. Whitford et son équipe, s’est concentrée sur la manière dont le cerveau distingue les voix internes – le dialogue intérieur, la planification, la réflexion – des sons provenant de l’extérieur. Les chercheurs ont recruté 142 participants et analysé leur activité cérébrale à l’aide de l’électroencéphalographie (EEG) pendant qu’ils effectuaient des tâches d’imagerie verbale. Chaque participant écoutait des sons via des écouteurs et devait imaginer des mots en fonction de syllabes spécifiques, sans savoir si ces syllabes correspondaient aux sons qu’il entendait.
Les résultats ont révélé une différence significative dans la réponse du cortex auditif entre les participants sans antécédents de schizophrénie et ceux ayant des antécédents d’hallucinations auditives. Chez les personnes sans troubles mentaux, une correspondance entre la voix interne imaginée et le son externe réel entraînait une réduction de l’activité du cortex auditif, indiquant que le cerveau identifiait le stimulus comme auto-généré. Cette observation soutient la théorie selon laquelle le cerveau utilise des signaux internes pour distinguer les perceptions internes des externes.
En revanche, chez les participants ayant récemment vécu des hallucinations auditives, le cortex auditif affichait une activité accrue lorsque les stimuli coïncidaient. Selon les auteurs, cela suggère que le mécanisme cérébral chargé de signaler l’origine interne d’un son ne fonctionnait pas correctement. Par conséquent, une personne pouvait interpréter sa propre pensée comme une voix extérieure.
Un groupe intermédiaire a été observé chez les personnes diagnostiquées avec un trouble du spectre de la schizophrénie, mais qui n’avaient pas eu d’hallucinations auditives au cours de la semaine précédente. Leurs réponses cérébrales se situaient entre celles du groupe témoin et celles du groupe ayant eu des hallucinations récentes. Cette observation renforce l’idée que l’expérience d’entendre des voix est liée à des défaillances spécifiques dans le système de traitement auditif du cerveau.
L’étude, publiée dans le journal Schizophrenia Bulletin, fournit des preuves solides du fonctionnement de ce mécanisme cérébral dans les cas avec et sans hallucinations auditives. Les chercheurs soulignent que chaque individu possède une voix intérieure, active lors du dialogue interne et de la planification. Ils rappellent que la pensée active les mêmes régions du cerveau impliquées dans la parole, mais que le cerveau dispose normalement d’un système pour distinguer ses propres pensées des voix des autres.
Cette nouvelle compréhension pourrait avoir des implications cliniques importantes. Selon les auteurs, l’activité cérébrale différenciée détectée par électroencéphalographie pourrait servir de biomarqueur pour la détection précoce de la psychose, offrant ainsi la possibilité d’identifier les personnes à risque avant l’apparition de symptômes plus graves. De plus, ces informations pourraient permettre de développer de nouvelles stratégies d’intervention clinique, en ciblant directement l’activité neuronale impliquée dans la différenciation entre les perceptions internes et externes. Plus d’informations sur la perception des voix.
