Home SantéLes scientifiques découvrent une protéine cachée qui désactive la faim

Les scientifiques découvrent une protéine cachée qui désactive la faim

by Sophie Martin

Des chercheurs allemands ont identifié une protéine clé qui régule l’appétit et le poids, ouvrant la voie à de nouvelles stratégies thérapeutiques contre l’obésité. Cette découverte, fruit d’une collaboration internationale, pourrait permettre de mieux comprendre et de traiter les troubles métaboliques.

L’étude, menée par des équipes de l’Université de Leipzig et de Charité – Universitätsmedizin Berlin, se concentre sur le récepteur MC4R (récepteur de mélanocortine-4), un acteur central dans le contrôle de la faim et de l’équilibre énergétique. Les scientifiques ont démontré que la protéine MRAP2 (Mélanocortine 2 Receptor Accessory Protein 2) joue un rôle crucial dans le fonctionnement de ce récepteur.

Les résultats, publiés dans la revue Communications de la nature, révèlent que MRAP2 influence la localisation et le comportement du MC4R au sein des cellules cérébrales. Grâce à des techniques d’imagerie de pointe, notamment la microscopie à fluorescence et l’imagerie confocale, les chercheurs ont constaté que MRAP2 est indispensable pour acheminer le MC4R à la surface cellulaire, où il peut signaler plus efficacement la sensation de satiété.

« Nous sommes fiers que le CRC 1423 ait également contribué à comprendre le transport et la disponibilité des récepteurs », a déclaré la professeure Annette Beck-Sickinger, porte-parole du Collaborative Research Center (CRC) 1423 – Dynamique structurelle de l’activation et de la signalisation du GPCR, et co-auteure de l’étude.

Les mutations du MC4R sont parmi les causes génétiques les plus fréquentes d’obésité sévère. Une meilleure compréhension de son fonctionnement est donc essentielle. L’équipe a pu s’appuyer sur des travaux antérieurs qui avaient permis de déchiffrer la structure tridimensionnelle du récepteur et son interaction avec des médicaments comme le setmelanotide, un traitement approuvé qui active le MC4R et réduit l’appétit.

« La connaissance des structures 3D du récepteur actif dans l’interaction avec les ligands et les médicaments tels que Setmelanotide, que nous avons pu déchiffrer dans une étude antérieure, nous a permis de mieux comprendre les nouvelles données fonctionnelles », explique le Dr Patrick Scheerer, chef de projet du CRC 1423 et co-auteur de l’étude, de l’Institut de la physique médicale et des biophysiques chez Charité.

Cette recherche interdisciplinaire, impliquant cinq projets au sein du CRC 1423, a réuni des experts en biochimie, biomédecine et science informatique d’institutions allemandes, canadiennes et britanniques. Le Dr Paolo Annibale, maître de conférences à l’École de physique et d’astronomie de l’Université de St Andrews au Royaume-Uni, a souligné que « Ce travail a été une occasion passionnante d’appliquer plusieurs approches de microscopie et de bioimagerie dans un contexte moléculaire physiologique. »

Le professeur Heike Biebermann, chef de projet du CRC 1423 et co-dirigeant l’étude, de l’Institute of Experimental Pediatric Endocrinology at Charité, a insisté sur l’importance de cette collaboration pour découvrir une nouvelle cible thérapeutique potentielle.

Le CRC 1423, financé par la German Research Foundation (DFG), regroupe des chercheurs de l’Université de Leipzig, de l’Université Martin Luther Halle-Wittenberg, de Charité – Universitätsmedizin Berlin, de Heinrich Heine University Düsseldorf et du University Medical Center Mayz. Il comprend un total de 19 sous-projets visant à comprendre en profondeur la dynamique structurelle des GPCR et son impact sur leur fonction.

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