Publié le 26 novembre 2025 à 19h30. Une étude scientifique récente révèle que les tatouages pourraient avoir un impact sur le système immunitaire, en provoquant une inflammation persistante des ganglions lymphatiques et en modifiant potentiellement la réponse du corps aux vaccins.
- Les pigments d’encre de tatouage restent présents dans les ganglions lymphatiques pendant plusieurs mois, maintenant une activité immunologique prolongée.
- Les tatouages pourraient réduire la production d’anticorps après vaccination contre la COVID-19, bien que l’effet varie selon le type d’encre et l’emplacement du tatouage.
- Des recherches supplémentaires sont nécessaires pour évaluer l’impact réel de ces découvertes sur la santé humaine et pour mieux réglementer les ingrédients des encres à tatouage.
Des chercheurs européens ont mis en évidence un lien potentiel entre les tatouages et le fonctionnement du système immunitaire. L’étude, publiée dans la revue PNAS de l’Académie nationale des sciences des États-Unis, suggère que l’encre de tatouage provoque une inflammation durable des ganglions lymphatiques et pourrait influencer l’efficacité de certains vaccins.
L’intérêt pour cette question scientifique est né de la popularité croissante des tatouages, en particulier chez les jeunes. Une part significative de la population mondiale arbore désormais des tatouages, mais les réglementations concernant les ingrédients des encres et leurs conséquences immunologiques restent lacunaires.
Jusqu’à présent, les effets secondaires connus des tatouages se limitaient à l’apparition de ganglions lymphatiques pigmentés et à des cas isolés de réactions indésirables. L’impact potentiel de l’encre sur la capacité du système immunitaire à réagir face à des virus ou des bactéries était jusqu’à présent inconnu.
L’équipe de recherche, composée de scientifiques de l’Université de Suisse italienne, de l’Institut de recherche en biomédecine et de l’Université de Berne (Suisse), de l’Université de Médecine de la Charité Berlin (Allemagne), de l’Université de Pavie (Italie), de l’Université Masaryk et de l’Institut de parasitologie de l’Académie des sciences de la République tchèque, ainsi que du Centre international de recherche sur le cancer de l’Organisation Mondiale de la Santé (Lyon, France), a analysé le comportement des pigments d’encre dans l’organisme.
Les chercheurs ont utilisé des souris tatouées avec des encres noires, rouges et vertes – les plus couramment utilisées dans le monde – puis ont analysé des échantillons de ganglions lymphatiques et de sang après vaccination. Les tests ont également été menés sur des cellules humaines afin de confirmer la cohérence des résultats.
L’étude a révélé que l’encre, transportée par le système lymphatique, se loge dans les ganglions proches du tatouage et y persiste pendant au moins deux mois. Cette présence prolongée s’accompagne d’une inflammation continue, avec des signes d’activité inflammatoire détectables dans le ganglion lymphatique drainant sur une période étendue. Les pigments sont principalement piégés dans les macrophages, des cellules spécialisées dans la défense de l’organisme.
Ce contact constant avec l’encre entraîne la mort de ces cellules immunitaires, maintenant ainsi la réaction inflammatoire active et modifiant les signaux chimiques dans la zone.
Lorsqu’ils ont vacciné les animaux tatoués, les scientifiques ont observé une réponse réduite dans la production d’anticorps contre la COVID-19. En revanche, le vaccin inactivé contre la grippe a provoqué une réaction étonnamment plus importante, suggérant que l’inflammation chronique pourrait amplifier l’activité immunitaire dans certains cas.
L’analyse a montré que l’encre provoque une diminution des anticorps IgG après vaccination contre la COVID-19. Les encres rouge et verte ont également entraîné une baisse des anticorps IgM. Ces altérations n’ont pas été observées lorsque l’injection a été administrée à distance du tatouage.
Le type de pigment, la quantité utilisée et l’emplacement du tatouage influencent l’ampleur de l’effet. Les encres noires et rouges semblent générer des changements immunologiques plus marqués.
Les chercheurs soulignent que l’impact de ces découvertes sur les personnes tatouées doit être confirmé par des études menées sur des humains. Ils recommandent de réglementer et de contrôler les ingrédients des encres à tatouage en raison de leurs potentielles conséquences à long terme. La taille et l’emplacement des tatouages, ainsi que les caractéristiques de l’encre, pourraient également modifier l’effet sur l’immunité.
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