Home Affairesles six premiers valent le double de celui de la Piazza Affari

les six premiers valent le double de celui de la Piazza Affari

by Amélie Bernard

Publié le 28 décembre 2025 à 02h14. Les six plus grandes banques américaines affichent une capitalisation boursière qui dépasse désormais celle de l’ensemble de la Bourse de Milan, tirées par une conjoncture économique favorable et un retour de la déréglementation financière sous la nouvelle administration Trump.

  • La capitalisation boursière combinée de JPMorgan Chase, Bank of America, Wells Fargo, Morgan Stanley, Goldman Sachs et Citigroup dépasse les 2 400 milliards de dollars (environ 2 230 milliards d’euros).
  • Cette valorisation est plus du double de celle de l’ensemble de la Bourse de Milan, qui s’élève à près de 1 200 milliards de dollars (environ 1 120 milliards d’euros).
  • Les bénéfices des banques américaines ont augmenté de 13,5 % en 2025, alimentés par la croissance des investissements en capital-investissement et l’anticipation d’une baisse des taux d’intérêt.

L’année 2025 se termine sur une note triomphante pour les géants de la finance américaine. Six banques – JPMorgan Chase (905 milliards de dollars), Bank of America (416 milliards de dollars), Wells Fargo (305 milliards de dollars), Morgan Stanley (290 milliards de dollars), Goldman Sachs (276 milliards de dollars) et Citigroup (223 milliards de dollars) – ont non seulement surperformé l’indice S&P 500, mais ont également vu leur capitalisation boursière s’envoler, ajoutant collectivement 600 milliards de dollars (environ 560 milliards d’euros) à leur valeur. Ce succès intervient dans un contexte de retour de Donald Trump à la Maison Blanche et d’une orientation politique plus favorable à la déréglementation économique et financière.

Cette dynamique est également liée à la vigueur de l’entrepreneuriat et de l’industrie aux États-Unis, en particulier grâce à l’essor de l’intelligence artificielle. Les revenus de ces six banques, surnommées le “Big Six”, ont connu une forte hausse, notamment au troisième trimestre, grâce à l’augmentation des investissements en capital-investissement. Ces opérations nécessitent souvent l’expertise et le soutien des grandes banques de Wall Street en matière de gestion et de conseil.

Les perspectives pour 2026 s’annoncent également prometteuses. Une éventuelle baisse des taux d’intérêt par la Réserve fédérale pourrait stimuler les opérations de financement, d’investissement et de capital-investissement. De plus, des introductions en bourse majeures, comme celles de SpaceX, OpenAI et Anthropic, sont en préparation. Yahoo Finance rappelle que le volume mondial des banques d’investissement devrait augmenter de 10 % par rapport à 2024, atteignant son niveau le plus élevé depuis 2021, malgré les perturbations liées aux droits de douane et les retards d’introductions en bourse.

Des méga-opérations, telles que le rachat d’Electronic Arts pour 55 milliards de dollars ou la bataille actuelle pour Warner Bros Discovery entre Paramount et Netflix, contribuent également à la performance des banques. En 2025, 200 entreprises ont été introduites en bourse aux États-Unis, soit une augmentation de 36,5 % par rapport à 2024, permettant de lever 44 milliards de dollars (environ 41 milliards d’euros), dont plus de 6 milliards de dollars lors de l’introduction en bourse de Medline, une entreprise de composants médicaux. Cette introduction en bourse a été la plus lucrative de l’année 2025.

L’administration Trump met également l’accent sur une hybridation entre capitaux publics et privés au nom de la sécurité nationale. Dans ce cadre, baptisé “capitalisme nationaliste”, JPMorgan Chase a annoncé un plan visant à mobiliser 1 500 milliards de dollars (environ 1 400 milliards d’euros) d’investissements dans des secteurs essentiels à la sécurité américaine. Cette initiative pourrait générer de nouveaux profits importants.

Parallèlement, Donald Trump et son secrétaire au Trésor, Scott Bessant, un expert en haute finance ayant travaillé pendant de nombreuses années avec George Soros, préparent une politique de déréglementation et d’assouplissement de la surveillance financière. Ce contexte pourrait marquer une période de dynamisme exceptionnel pour les banques américaines, après la crise financière de 2008. Cependant, une gestion prudente sera nécessaire pour éviter les excès et les bulles spéculatives.

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