Home MondeLes socialistes européens se réunissent pour discuter des relations avec les États-Unis et du nouveau leadership

Les socialistes européens se réunissent pour discuter des relations avec les États-Unis et du nouveau leadership

by Clara Dubois

Publié le 16 octobre 2025 à 17h16. Le Parti socialiste européen (PSE) se réunit à Amsterdam pour définir sa stratégie face aux tensions géopolitiques croissantes et aux défis internes, notamment la montée de l’extrême droite et les désaccords sur le conflit israélo-palestinien.

  • Les dirigeants socialistes européens discutent de l’autonomie stratégique de l’Europe en matière de défense, de sécurité et de commerce, sur fond de critiques américaines à l’égard de certains pays membres.
  • Le congrès intervient après la présentation par la Commission européenne d’un plan pour renforcer l’indépendance en matière de défense, alors que l’UE dépend fortement des États-Unis pour son équipement militaire.
  • Le PSE doit également clarifier sa position sur le cessez-le-feu à Gaza, après les critiques virulentes formulées par certains de ses membres à l’encontre d’Israël.

Le congrès de deux jours, qui s’est ouvert jeudi à Amsterdam, réunit des figures clés de la social-démocratie européenne, parmi lesquelles le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez, le président du Conseil européen António Costa et le leader socialiste néerlandais Frans Timmermans. Au cœur des discussions : la nécessité pour l’Europe de renforcer son autonomie stratégique, notamment dans les domaines de la défense, de la sécurité et du commerce. Cette volonté se heurte toutefois aux réalités économiques et aux tensions transatlantiques.

La question de l’autonomie européenne prend une dimension particulière après les récentes critiques formulées par l’ancien président américain Donald Trump à l’encontre de l’Espagne. Lors du sommet de l’OTAN de juin, Pedro Sánchez avait jugé “déraisonnable” et “contre-productif” l’objectif de consacrer 5 % du PIB à la défense (contre 2 % actuellement), obtenant une exemption pour son pays. M. Trump avait alors suggéré que l’Espagne devrait être “expulsée” de l’OTAN. Cette intervention a exacerbé les tensions et souligné les divergences au sein de l’alliance atlantique.

Parallèlement, le PSE doit également se positionner sur le conflit israélo-palestinien. Durant la guerre entre Israël et le Hamas, les députés et dirigeants socialistes ont été parmi les plus critiques à l’égard des actions israéliennes à Gaza, allant jusqu’à qualifier ces actions de “génocide” et à appeler à des sanctions européennes. Pedro Sánchez a réaffirmé cette position, déclarant :

« La paix ne peut pas signifier l’oubli ou l’impunité. Les principaux acteurs du génocide perpétré à Gaza devront répondre devant la loi. »

Pedro Sánchez, Premier ministre espagnol

Le PSE doit désormais définir sa stratégie pour l’après-guerre, une question susceptible de provoquer de nouvelles divisions au sein du parti. L’eurodéputée socialiste Annalisa Corrado a estimé qu’il était nécessaire d’impliquer la population palestinienne dans un dialogue afin de parvenir à une paix durable, tout en reconnaissant que le plan de paix de Donald Trump, bien qu'”imposé d’en haut”, avait constitué une “bonne initiative”.

Le congrès prévoit également l’audition de témoignages de médecins ayant travaillé à Gaza, ainsi que des discussions sur la stratégie du groupe S&D (Socialistes et Démocrates) au Parlement européen, confronté à une “forte pression” du PPE (Parti Populaire Européen) pour démanteler le Green Deal. La montée en puissance des partis d’extrême droite en Europe constitue également une source de préoccupation majeure pour les socialistes, qui ne sont actuellement en tête que dans trois pays de l’UE : l’Espagne, le Danemark et Malte.

Enfin, le PSE doit élire son nouveau leadership. Stefan Löfven, l’actuel président, est le seul candidat et a demandé à Giacomo Filibeck de continuer à exercer ses fonctions de secrétaire général. Les vice-présidents du parti, dont Iratxe García Pérez, Tanja Fajon, Katarina Barley et Victor Negrescu, devraient également être confirmés. Douze résolutions portant sur les priorités des socialistes pour les mois à venir, notamment l’emploi, la transition verte, le logement, les droits sociaux et l’autonomisation des jeunes, seront débattues et votées.

Iratxe García Pérez, présidente du groupe S&D au Parlement européen, a souligné l’importance de ce congrès :

« Ce congrès est un exemple de la façon dont l’offensive et la stratégie de la famille socialiste sont plus vivantes que jamais. Nous, progressistes, continuons à défendre nos valeurs et à apporter des solutions aux défis auxquels sont confrontées les sociétés modernes. »

Iratxe García Pérez, Présidente du groupe S&D au Parlement européen

Au-delà des élections et des résolutions, les véritables enjeux de ce congrès résideront dans les discussions informelles qui se tiendront en marge des débats officiels, et dans la capacité des dirigeants socialistes à trouver un terrain d’entente sur les questions cruciales qui se posent à l’Europe.

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