Publié le 26 octobre 2023. Les maladies cardiovasculaires restent la première cause de décès dans le monde, et l’hypercholestérolémie, souvent silencieuse, en est un facteur de risque majeur. Détecter un taux de cholestérol élevé à un stade précoce est donc crucial pour prévenir des complications graves.
- Un taux de cholestérol élevé peut passer inaperçu pendant longtemps, même chez les enfants et les jeunes adultes.
- L’accumulation de cholestérol dans les artères (athérosclérose) peut entraîner hypertension artérielle, crises cardiaques et accidents vasculaires cérébraux.
- Un simple bilan sanguin permet de dépister l’hypercholestérolémie et de prendre les mesures nécessaires.
L’hypercholestérolémie, ou taux de cholestérol trop élevé, est un problème de santé publique majeur. Selon le néphrologue Volker Schettler, cette condition est souvent méconnue et peut avoir des conséquences graves sur la santé cardiovasculaire. Elle peut toucher des personnes de tous âges, des enfants aux adultes.
Le cholestérol, avec les triglycérides, fait partie des principaux lipides sanguins. Il joue un rôle essentiel dans l’organisme, participant à la production d’hormones telles que les œstrogènes et la testostérone, ainsi qu’à la fabrication de l’acide biliaire, indispensable à la digestion des graisses. Il est également un composant essentiel des parois cellulaires, assurant leur bon fonctionnement.
Bien que le corps puisse produire une grande partie du cholestérol dont il a besoin, des facteurs génétiques et un mode de vie défavorable – notamment une mauvaise alimentation et une consommation excessive d’alcool – peuvent entraîner une augmentation excessive du taux de cholestérol, conduisant à ce qu’on appelle une hypercholestérolémie. Un cardiologue explique quels aliments sont à éviter pour maintenir un taux de cholestérol sain.
Le cholestérol LDL, ou lipoprotéines de basse densité, peut présenter un risque pour la santé. Ces lipoprotéines transportent le cholestérol du foie vers le sang, où il est absorbé par les cellules. Un excès de cholestérol LDL peut s’accumuler dans les parois des vaisseaux sanguins, entraînant une athérosclérose. Selon le Dr Schettler, « Ces plaques s’épaississent avec le temps, rétrécissant progressivement les vaisseaux sanguins ».
Cette accumulation de plaques peut favoriser l’ hypertension artérielle : le cœur doit exercer une pression plus forte pour faire circuler le sang dans les vaisseaux rétrécis. Parallèlement, des dépôts se forment dans les artères, augmentant le risque de complications graves. Un taux élevé de cholestérol LDL peut avoir des conséquences potentiellement mortelles : « Lorsque ces plaques se rompent, l’organisme réagit en formant un caillot sanguin, bloquant ainsi le vaisseau », explique le Dr Schettler. « Selon l’endroit où se produit l’occlusion, cela peut entraîner une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou des problèmes de circulation sanguine dans les jambes, comme la maladie artérielle périphérique (MAP) ».

Une claudication intermittente peut résulter d’un taux de cholestérol chroniquement élevé. Les artères calcifiées perturbent la circulation sanguine dans les jambes.
© iStock | Zbynek Pospisil
Souvent, l’hypercholestérolémie ne présente aucun symptôme. Le Dr Schettler insiste sur l’importance d’un diagnostic précoce : « Plus un taux de cholestérol élevé persiste, plus le risque de développer une maladie cardiovasculaire augmente ». Les modifications vasculaires, telles que le durcissement des artères, sont généralement asymptomatiques, car les vaisseaux sanguins ne sont pas sensibles à la douleur.
« L’athérosclérose se développe progressivement sans aucun symptôme et reste souvent indétectable jusqu’à ce qu’une maladie cardiovasculaire, comme une crise cardiaque, un accident vasculaire cérébral ou une maladie artérielle périphérique, survienne de manière soudaine », explique l’expert. Cependant, certains signes peuvent signaler un problème circulatoire, comme des douleurs crampes dans les jambes lors de la marche ou des difficultés de cicatrisation. De plus, des signes avant-coureurs peuvent précéder une crise cardiaque, notamment une sensation de faiblesse, un cœur qui s’emballe et une douleur ou une oppression thoracique (angine de poitrine).

Un trouble du métabolisme lipidique est souvent diagnostiqué trop tard, explique le néphrologue Volker Schettler.
© Centre néphrologique de Göttingen
La seule façon de détecter un taux de cholestérol élevé et de prévenir les complications est de faire effectuer une analyse de sang par votre médecin. Le Dr Schettler recommande de commencer le dépistage dès l’âge de cinq ans, afin d’identifier d’éventuels troubles congénitaux du métabolisme lipidique. Il est particulièrement important de se faire tester si des membres de votre famille ont des antécédents d’hypercholestérolémie, de crise cardiaque ou d’accident vasculaire cérébral (avant 55 ans pour les hommes, 60 ans pour les femmes).
Même en l’absence d’antécédents familiaux, tout adulte devrait connaître son taux de lipides sanguins. « Il est conseillé de faire contrôler son taux de cholestérol au plus tard à l’âge de 18 ans », souligne l’expert. Les caisses d’assurance maladie légales prennent en charge une analyse tous les trois ans à partir de 35 ans.
Il est important de noter que le seuil à partir duquel un taux de cholestérol est considéré comme trop élevé et nécessite un traitement dépend des facteurs de risque individuels. Les valeurs limites pour le cholestérol LDL sont plus basses en présence de conditions préexistantes, telles qu’une crise cardiaque, une hypertension artérielle ou un diabète. Des tests rapides de cholestérol à domicile peuvent également parfois révéler un trouble du métabolisme lipidique.
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