La reprise des publications de données économiques américaines, après la fin de la paralysie gouvernementale, suscite des anticipations contrastées sur les marchés obligataires. Si les prévisions d’une baisse des taux directeurs de la Réserve fédérale (Fed) restent inchangées à court terme, l’extrémité longue de la courbe des rendements est désormais influencée par l’espoir de nouvelles réglementations facilitant la détention de bons du Trésor par les banques.
Les investisseurs s’attendent à une volatilité accrue des taux américains, mais l’attention se concentre actuellement sur les changements réglementaires potentiels. Les mesures d’implicite de volatilité, qui avaient atteint leurs plus bas niveaux depuis plusieurs années, montrent des signes de remontée, suggérant une plus grande incertitude. Les marchés anticipent désormais une probabilité de 65 % d’une baisse des taux de la Fed en décembre.
La publication des prochains chiffres de l’inflation et de l’emploi pourrait avoir un impact significatif sur le début de la courbe des rendements. Cependant, la Maison Blanche a averti que les données d’octobre pourraient ne pas être publiées, et les premiers chiffres sont attendus, au mieux, en début de semaine prochaine.
L’influence grandissante sur l’extrémité longue de la courbe des rendements ne découle pas tant de l’optimisme lié à la réouverture du gouvernement que des anticipations concernant une assouplissement de la réglementation financière. Un ajustement attendu des calculs du ratio de levier bancaire pourrait permettre aux grandes banques d’augmenter leurs investissements dans les bons du Trésor américain. Les perspectives de ces changements ont déjà entraîné une réduction de plus de 10 points de base de l’écart entre le taux et le taux swap au cours des derniers mois.
Selon des informations récentes de Bloomberg, les plans réglementaires sont en phase de finalisation. Cette situation explique également pourquoi les rendements des bons du Trésor américain à long terme ont diminué malgré la fin du blocage budgétaire et le regain de confiance généralisé sur les marchés.
Par ailleurs, les spreads obligataires européens se sont resserrés, portés par des nouvelles encourageantes en provenance de France. Le spread sur le Bund allemand s’est réduit à 73 points de base, atteignant son niveau le plus bas depuis fin août. Le gouvernement français a exprimé sa confiance dans l’adoption du budget pour 2026, après que le Parlement a voté la suspension de la réforme des retraites – une condition essentielle au maintien du soutien du parti socialiste. La Banque de France a également annoncé qu’elle réviserait à la hausse ses prévisions de croissance pour le pays, soulignant la résilience de l’économie française malgré un contexte politique incertain.
Dans un environnement de faible volatilité, les marchés restent plus enclins à prendre des positions sur les spreads obligataires, anticipant une politique monétaire stable dans un avenir proche. L’idée que les difficultés françaises ne sont pas résolues et qu’un effort de consolidation budgétaire à long terme, susceptible de rencontrer de nouveaux obstacles politiques à l’approche des élections présidentielles de début 2027, est pour l’instant reléguée à l’arrière-plan.
Agenda et perspectives du marché (jeudi)
Les investisseurs suivront attentivement la publication des données de la production industrielle de la zone euro pour septembre. Aux États-Unis, plusieurs données économiques importantes auraient dû être publiées, mais leur publication est incertaine en raison de la récente fermeture administrative.
Côté offre, l’Italie lancera des enchères de bons du Trésor (BTP) pour un montant total de 8 milliards d’euros, tandis que les États-Unis émettront des titres pour 25 milliards de dollars. Les enchères à 10 ans d’hier ont montré une demande solide, malgré un léger ralentissement.