La perspective d’une livraison de missiles de croisière Tomahawk à l’Ukraine semble avoir incité Vladimir Poutine à accepter une rencontre avec Donald Trump, selon des déclarations du président ukrainien Volodymyr Zelensky. Cette nouvelle initiative diplomatique, annoncée par l’ancien président américain sur son réseau social Truth Social, intervient à la veille d’une nouvelle rencontre entre Trump et Zelensky à Washington.
Zelensky a affirmé que la discussion autour du possible transfert de ces armes américaines, dont la portée peut atteindre 1 500 miles, a motivé le dirigeant russe à renouer le dialogue. « Moscou se précipite pour reprendre les discussions dès qu’elle entend parler des Tomahawks », a-t-il écrit sur X (anciennement Twitter).
Donald Trump a publiquement envisagé l’envoi de ces missiles à l’Ukraine, tout en soulignant la nécessité de préserver les stocks américains. « Nous avons besoin de Tomahawks pour les États-Unis », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il ne pouvait pas « épuiser » ces ressources pour son propre pays. Il a cependant laissé entendre qu’il pourrait changer d’avis si le conflit s’éternise : « Si cette guerre ne se règle pas, je vais leur envoyer des Tomahawks. » Lors d’un appel téléphonique avec Poutine, les deux hommes ont « un peu parlé » du sujet, selon Trump.
À Washington, des responsables américains ont salué l’annonce de la rencontre Trump-Poutine, estimant qu’elle pourrait faciliter les discussions avec Zelensky le lendemain. Par ailleurs, un nouveau mécanisme a été mis en place pour permettre aux alliés européens d’acquérir du matériel militaire américain destiné à l’Ukraine, sans impliquer de fonds américains directs, une initiative vantée par le secrétaire à la Défense Pete Hegseth lors d’une réunion de l’OTAN.
L’envoi de Tomahawks soulève des questions logistiques et stratégiques. Les États-Unis ne disposent que d’un nombre limité de lanceurs terrestres compatibles avec ces missiles, et le programme Long Range Fires du Corps des Marines, capable de les lancer, a été récemment abandonné. Oshkosh Defence a toutefois présenté cette semaine un nouveau véhicule plus compact, mais il n’est pas encore en production.
Selon Tom Karako, directeur du projet de défense antimissile aux Centers for Strategic and International Security, les Tomahawks sont des « actifs stratégiques non nucléaires rares » qui doivent être gérés avec prudence. Il souligne qu’ils pourraient être utilisés pour frapper des cibles de grande valeur en Russie, notamment des infrastructures énergétiques, permettant une opération de type « toile d’araignée » grâce à l’utilisation de drones. Cependant, leur utilisation serait probablement soumise à des conditions de ciblage strictes fixées par les États-Unis.
L’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a estimé que ces missiles pourraient mettre « en danger de nombreuses infrastructures pétrolières et gazières russes ». Le Kremlin a quant à lui averti qu’une vente de Tomahawks par les États-Unis constituerait une « escalade » du conflit.
Par ailleurs, l’administration Trump a adopté un ton plus ferme à l’égard de la Russie, qualifiant son agression en Ukraine de « continue » et affirmant que les États-Unis, avec leurs alliés, prendront les mesures nécessaires pour imposer à Moscou le coût de cette agression si le conflit persiste. L’Ukraine a également exprimé son intérêt pour d’autres systèmes d’armes, notamment les systèmes de défense aérienne Patriot.
À lire aussi
