Publié le 13 octobre 2024 à 07h50. Les dernières innovations technologiques visant à briser les barrières linguistiques, comme les traducteurs en temps réel, suscitent le scepticisme quant à leur réelle utilité au quotidien, selon un expert américain qui critique régulièrement les gadgets portables.
- Scott Galloway, entrepreneur et spécialiste des technologies, compare les traducteurs instantanés à un « répulsif sexuel portable », soulignant leur manque d’attrait et d’efficacité.
- Malgré les promesses de fluidité conversationnelle, un test pratique d’un traducteur en temps réel (coûtant environ 400 $ US) a révélé des délais frustrants rendant la communication naturelle difficile.
- L’auteur, nouvel immigrant en Israël, souligne que les outils de traduction existants sur les smartphones, comme Google Translate, restent plus performants et accessibles.
Scott Galloway, un observateur averti des tendances technologiques, n’hésite pas à exprimer son opinion tranchée sur les appareils portables. Récemment, il a qualifié les casques de réalité virtuelle de « la chose la plus stupide depuis l’impression 3D ». Il persiste dans sa critique, allant jusqu’à affirmer que les traducteurs en temps réel, dernière innovation en date, ne sont rien de mieux qu’un « répulsif sexuel portable ».
Il y a dix ans, Galloway avait déjà exprimé ses doutes sur l’Apple Watch, la qualifiant de « coup fatal porté au marché surestimé des wearables », ces dispositifs technologiques portables. Il argumentait alors que l’Apple Watch n’était qu’une simple extension du téléphone, sans apporter de valeur ajoutée significative. Bien que l’Apple Watch soit devenue un produit phare de la marque à la pomme, contribuant à hauteur de plusieurs milliards de dollars à son chiffre d’affaires, l’analyse de Galloway semble toujours pertinente : l’industrie technologique a tendance à réinventer des logiciels existants sous de nouvelles formes, souvent inutiles.
Le dernier engouement se concentre sur les traducteurs en temps réel, avec la fonction de traduction instantanée d’Apple sur les AirPods et une série d’écouteurs spécialisés promettant de supprimer les barrières linguistiques. L’idée est séduisante en théorie, mais sa mise en pratique laisse à désirer. L’auteur de cet article a pu tester l’un de ces appareils, vendu environ 400 $ US, et a constaté des délais importants qui rendaient la conversation fluide quasiment impossible. Il illustre ce problème avec un exemple concret : imaginer utiliser un tel appareil pour prendre rendez-vous chez le médecin ou commander un repas dans un pays où l’on ne parle pas la langue locale.
Même sans délai, l’auteur souligne la difficulté d’imaginer deux personnes écoutant et parlant simultanément tout en maintenant un échange cohérent. Il estime que, dans l’état actuel de la technologie, les traducteurs en temps réel peinent à fonctionner efficacement et à atteindre une adoption massive, en particulier entre des personnes ne partageant aucune langue commune. Ils ne semblent pas non plus pouvoir surpasser les outils de traduction déjà disponibles sur nos smartphones, comme Google Translate.
L’auteur, qui se décrit comme un nouvel immigrant en Israël, témoigne de l’utilité de Google Translate dans sa vie quotidienne. Il l’utilise régulièrement pour naviguer dans les services administratifs et communiquer avec des interlocuteurs ne parlant pas anglais. Il raconte avoir réussi à obtenir sa carte d’identité (Teudat Zehut) grâce à cet outil, ce qui lui a semblé une véritable victoire.
Il n’exclut pas la possibilité que les traducteurs en temps réel puissent trouver des applications spécifiques, comme l’apprentissage des langues, ou compléter les solutions existantes. Cependant, il observe une similitude avec l’engouement passé pour les lunettes connectées Ray-Ban Stories et le casque Oculus, tous deux présentés comme des portes d’entrée vers de nouvelles expériences, mais qui n’ont pas tenu leurs promesses.
En définitive, une réalité partagée et optimisée ne fonctionne que si elle est partagée par tous. L’auteur conclut en se demandant si nous ne nous précipitons pas, une fois de plus, vers un avenir technologique fantasmé, à l’image du poisson Babel du Guide du voyageur galactique ou des traducteurs instantanés de Star Trek. Malgré la persistance de l’engouement pour les wearables, il reste à démontrer qu’une valeur réelle et durable a été apportée au marché. Le temps dira si les traducteurs en temps réel tiendront leurs promesses, mais l’auteur ne compte pas abandonner ses cours d’hébreu de sitôt.
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