Publié le 13 octobre 2025 03:37:00. L’engouement actuel pour l’intelligence artificielle (IA) ne ressemble pas à une bulle spéculative, selon Brian Sozzi de Yahoo Finance, qui souligne des investissements solides et des valorisations raisonnables par rapport aux précédentes périodes de frénésie technologique.
- Les dépenses en infrastructure liées à l’IA ne sont pas considérées comme excessives par les directeurs financiers interrogés.
- Les géants de la technologie financent leurs ambitions en matière d’IA grâce à leurs propres ressources, sans s’endetter massivement.
- Les valorisations actuelles des entreprises technologiques dominantes, bien que élevées, restent inférieures à celles observées à la fin des années 1990 et au Japon.
Brian Sozzi, rédacteur en chef de Yahoo Finance, tempère les craintes d’une bulle imminente dans le secteur de l’intelligence artificielle. Il insiste sur le fait que l’IA est une technologie bien réelle, déjà déployée au sein des entreprises américaines, et que son développement nécessite des investissements importants dans des infrastructures physiques.
Il a été particulièrement impressionné par les travaux de Zach Dell (fils de Michael Dell) au sein de la startup Base Power, qui a récemment levé 1 milliard de dollars. Base Power s’attaque à un problème crucial : la disponibilité et le coût de l’énergie, en partie exacerbés par la demande croissante due à l’essor de l’IA. Plus d’informations sur Base Power.
Sozzi souligne que les dépenses engagées dans l’infrastructure de l’IA ne semblent pas irréfléchies. Il affirme que les directeurs financiers qu’il interroge adoptent une approche pragmatique, loin des prédictions exagérées qui avaient caractérisé la fin des années 1990. De plus, les grandes entreprises technologiques investissant massivement dans l’IA utilisent leurs propres liquidités, évitant ainsi de s’endetter lourdement. Les nouvelles entreprises du secteur sont également bien financées et semblent adopter une approche raisonnable dans leur développement, en se concentrant sur des technologies tangibles et des commandes réelles.
Concernant les valorisations, Sozzi s’appuie sur une récente étude de Goldman Sachs. Selon cette étude, le ratio cours/bénéfices (P/E) prévisionnel médian des « Magnificent Seven » (les sept plus grandes entreprises technologiques américaines) s’élève à 27, ou 26 si l’on exclut Tesla (TSLA), dont le multiple est significativement plus élevé. Ce chiffre représente environ la moitié de la valorisation équivalente observée pour les sept plus grandes entreprises à la fin des années 1990, et est inférieur aux valorisations des entreprises dominantes au Japon à la même époque (principalement des banques).
« Il est donc vrai que les valorisations sont élevées mais, à notre avis, généralement pas à des niveaux aussi élevés que ceux généralement observés au plus fort d’une bulle financière. »
Peter Oppenheimer, stratège de Goldman Sachs
En conclusion, Brian Sozzi estime que les inquiétudes concernant une bulle de l’IA ne sont pas justifiées par les valorisations actuelles. Il invite à la prudence, mais ne partage pas le pessimisme de ceux qui prédisent un éclatement imminent.