Publié le 8 novembre 2023 17h33. L’administration Trump envoie des forces de la Garde nationale dans plusieurs villes américaines, malgré l’opposition des autorités locales et des contestations juridiques, dans le cadre d’une politique répressive contre la criminalité.
- Des troupes de la Garde nationale sont déployées près de Chicago et pourraient arriver à Memphis d’ici vendredi.
- Le président Trump a qualifié Chicago de « trou d’enfer », en dépit d’une baisse constatée des statistiques de criminalité.
- Des affrontements juridiques se multiplient entre l’administration fédérale et les États démocrates, notamment en Illinois et dans l’Oregon.
L’administration du président Donald Trump poursuit son offensive contre la criminalité dans les grandes villes américaines, en recourant au déploiement de la Garde nationale, même en l’absence d’approbation des autorités locales. Cette stratégie suscite une vive opposition et des contestations juridiques de la part des États démocrates.
Mercredi matin, des membres de la Garde nationale du Texas se sont installés dans un centre de réserve de l’armée dans l’Illinois, malgré un procès intenté par l’État et une forte opposition des élus démocrates. La nature exacte de leur mission n’a pas été précisée. Parallèlement, l’administration Trump a lancé une opération de détention d’immigrés à Chicago, la troisième plus grande ville des États-Unis, ce qui a provoqué des manifestations devant un bâtiment d’immigration à Broadview.
Le président Trump a qualifié Chicago de « trou d’enfer », une déclaration faite alors que les statistiques de la police locale indiquent une baisse significative de la plupart des crimes, y compris les homicides.
À Memphis, dans le Tennessee, le chef de la police, Cerelyn Davis, a annoncé que des commandants étaient déjà sur place pour préparer l’arrivée des forces de la Garde nationale. Le gouverneur républicain du Tennessee, Bill Lee, a précisé que ces éléments seraient déployés par le Marshals Service pour « jouer un rôle de soutien essentiel » aux forces de l’ordre, sans toutefois définir précisément ce rôle.
Cette tentative de déploiement de l’armée sur le sol américain, malgré l’opposition locale, a engendré un conflit ouvert avec les gouverneurs démocrates. L’Illinois et la ville de Chicago ont déposé une requête auprès d’un juge fédéral pour mettre fin à ce qu’ils qualifient de « guerre déclarée » par Trump contre l’État. Une audience sur cette affaire est prévue jeudi. Dans l’Oregon, un juge a déjà bloqué le déploiement de la Garde nationale à Portland ce week-end.
Le gouverneur de l’Illinois, JB Pritzker, s’attend à ce que les troupes de la Garde nationale de son État soient activées, aux côtés des 400 soldats du Texas. Il a accusé Trump d’utiliser les militaires comme des « pions » dans un « spectacle politique », affirmant qu’il n’avait reçu aucun préavis de Washington concernant ce déploiement.
Des militaires portant l’écusson de la Garde nationale du Texas ont été aperçus dans un centre de réserve de l’armée américaine à Elwood, situé à 89 kilomètres au sud-ouest de Chicago. Des camions appartenant au Service d’urgence et de catastrophe ont livré des toilettes portables et d’autres fournitures. Des remorques ont été installées et une clôture supplémentaire a été érigée autour du périmètre.
La loi Posse Comitatus, datant de près de 150 ans, limite l’intervention de l’armée dans l’application de la loi au niveau national. Cependant, Trump a déclaré être prêt à invoquer l’Insurrection Act, qui autorise le président à déployer des militaires en service actif dans les États qui ne parviennent pas à réprimer une insurrection ou qui défient la loi fédérale.
La Federal Aviation Administration a instauré des restrictions de vol au-dessus du centre de réserve de l’armée pour des raisons de sécurité, jusqu’au 6 décembre.
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