Publié le 18 novembre 2023. Seules quatre universités privées sur 120 à Tokyo facilitent l’accès financier à l’enseignement supérieur en proposant des solutions alternatives aux coûteux frais de dossier, une pratique qui pourrait dissuader certains étudiants de poursuivre leurs études.
- Une étude révèle que la grande majorité des universités privées de Tokyo maintiennent le paiement intégral des frais de dossier, même si l’étudiant renonce à l’admission.
- Ces frais, qui peuvent atteindre 240 000 yens (environ 1 500 €) par établissement, représentent une charge financière importante pour les familles.
- Malgré les recommandations du ministère de l’Éducation, peu d’universités ont mis en place des mesures pour alléger ce fardeau.
Le système des frais de dossier, exigés après l’acceptation dans une université japonaise, pose un problème croissant pour les étudiants et leurs familles. L’étude, menée par l’organisation non gouvernementale « Entry deposit research project », met en lumière un manque de flexibilité de la part des établissements privés de Tokyo. Seules quatre universités sur les 120 étudiées offrent des options telles que le paiement échelonné ou le report des frais, permettant ainsi aux futurs étudiants de mieux gérer leur budget.
Cette situation est d’autant plus préoccupante que le ministère de l’Éducation avait déjà publié en juin un avis demandant aux universités de prendre en considération les difficultés financières des étudiants et de proposer des solutions pour éviter le « double paiement » – c’est-à-dire le paiement de frais de dossier pour plusieurs établissements, dont l’étudiant ne fréquentera finalement qu’un seul.
Selon une estimation du ministère, 150 000 candidats à l’enseignement supérieur, soit 23,5 % du total, paient chaque année des frais de dossier pour des universités qu’ils ne rejoignent pas. L’ONG estime que cela représente une perte totale de 35,5 milliards de yens (228 millions d’euros) pour les familles.
Un représentant de l’ONG explique :
« La situation actuelle pourrait non seulement avoir un impact sérieux sur les budgets des ménages, mais aussi pousser les étudiants au point de n’avoir d’autre choix que de renoncer aux examens d’entrée. »
Le problème est exacerbé par les délais de notification d’admission variables d’une université à l’autre. Un candidat peut se retrouver obligé de payer un acompte pour une université de second choix avant de savoir s’il a été accepté dans son établissement préféré.
La Cour suprême avait déjà statué en 2006 que les frais de dossier étaient une « compensation raisonnable » pour les universités, et qu’elles n’étaient pas tenues de les rembourser. Une enquête récente menée conjointement par le journal Asahi Shimbun et l’institution éducative Kawaijuku confirme cette tendance : 62 % des universités interrogées estiment que les frais de dossier ne doivent pas être remboursés, tandis que seulement 6 % sont favorables à un remboursement intégral.
L’ONG, composée principalement de jeunes, espère sensibiliser l’opinion publique et encourager les universités à adopter des politiques plus équitables, afin de garantir que l’accès à l’enseignement supérieur ne soit pas limité par des considérations financières.
