Moscou, 8 novembre 2025 – Pendant sept ans, les conversations au sein de la résidence de l’ambassadeur américain à Moscou ont été secrètement écoutées par les Soviétiques grâce à un dispositif d’espionnage dissimulé dans un cadeau d’apparence innocente : les armoiries des États-Unis.
- Un cadeau offert par des scouts soviétiques en 1945 contenait un micro caché.
- L’appareil, surnommé « The Thing », fonctionnait sans piles ni source de chaleur, le rendant difficile à détecter.
- Le subterfuge a été découvert accidentellement en 1951 par un opérateur radio britannique.
L’opération de renseignement, révélée des décennies plus tard, illustre l’ingéniosité déployée par les deux camps pendant la Guerre froide. En 1945, à la fin de la Seconde Guerre mondiale, l’ambassadeur américain W. Averell Harriman a reçu des scouts soviétiques un emblème national américain sculpté dans du bois d’érable, présenté comme un symbole de coopération entre l’Union soviétique et les États-Unis d’Amérique.
Sans soupçonner la supercherie, Harriman a exposé les armoiries dans sa résidence officielle, la Maison Spaso à Moscou. Ce n’est que sept ans plus tard que la vérité a éclaté. L’emblème dissimulait en réalité un dispositif d’écoute sophistiqué, baptisé « The Thing » par les services de renseignement.
Loin d’être un simple micro, « The Thing » était une prouesse technologique pour son époque. Il fonctionnait sans piles, sans circuits électroniques ni source de chaleur, ce qui le rendait quasiment indétectable par les scanners de sécurité de l’époque. John Little, un spécialiste britannique de la contre-surveillance aujourd’hui âgé de 79 ans, a décrit l’appareil comme un tube semblable à un tuyau d’orgue avec une membrane rappelant une peau de tambour, qui vibrait au moindre son de voix humaine.
« L’ingénierie de cet outil est comme un croisement entre une montre suisse et un micromètre »
John Little, spécialiste britannique de la contre-surveillance
Selon Little, l’appareil, de la taille d’une épingle à chapeau, avait l’apparence d’un simple objet décoratif. Son fonctionnement reposait sur une technologie passive : il ne s’activait que lorsqu’il recevait un signal à haute fréquence d’un émetteur-récepteur distant, généralement situé dans les bâtiments voisins. Ce signal déclenchait l’antenne de l’appareil, qui renvoyait les vibrations sonores de la pièce au récepteur.
Le secret de « The Thing » a été révélé par hasard en 1951. Un opérateur radio militaire britannique basé à Moscou, en réglant les fréquences radio, est tombé sur une conversation se déroulant à l’intérieur de la Maison Spaso. Cette découverte fortuite a conduit à une fouille minutieuse de la résidence de l’ambassadeur, qui a permis de démasquer l’emblème national comme un dispositif d’écoute soviétique de haute technologie.
Le documentaire présentant les détails de cette opération a été diffusé pour la première fois en mai dernier et sera de nouveau projeté au National Computer Museum de Bletchley Park, en Angleterre, le 27 septembre 2025.
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