L’arrestation d’une enseignante colombienne dans une garderie de la région de Chicago par des agents fédéraux américains a déclenché une vive polémique, marquée par des récits divergents et des accusations de méthodes abusives. Diana Patricia Santillana Galeano est actuellement détenue, tandis que les autorités s’efforcent de clarifier les circonstances de son interpellation et les motifs qui la sous-tendent.
Le mercredi 5 novembre, Diana Patricia Santillana Galeano, éducatrice à la garderie biculturelle Rayon de Soleil dans le comté de Cook, a été interpellée par des agents fédéraux directement sur les lieux de la garderie, selon plusieurs témoignages. L’incident a immédiatement suscité l’inquiétude des parents, qui ont organisé une conférence de presse pour exiger des explications.
La députée Delia Ramírez a contredit la version officielle des autorités, affirmant avoir visionné les images de vidéosurveillance de la garderie. « On y voit clairement les agents pénétrer dans les locaux et procéder à une fouille minutieuse de chaque pièce à la recherche de l’enseignante », a-t-elle déclaré. Elle a précisé rester en contact avec Mme Santillana Galeano, qui est actuellement retenue au centre de détention ICE de Broadview.
L’ambassade de Colombie aux États-Unis a réagi à cette affaire en déclarant : « Concernant le cas de la citoyenne colombienne détenue le 5 novembre dernier à Chicago, l’ambassade a demandé l’accès à notre compatriote aux autorités compétentes. Une communication directe est maintenue avec son avocat afin d’activer l’assistance consulaire appropriée. » L’ambassade a également souligné qu’elle veillerait au respect d’une procédure régulière et à la protection des droits de Mme Santillana Galeano, conformément à la Convention de Vienne sur les relations consulaires.
Un juge fédéral a ordonné un sursis à l’expulsion de Mme Santillana Galeano, interdisant temporairement à l’administration américaine de la transférer hors des États de l’Illinois, de l’Indiana ou du Wisconsin. Cette décision vise à permettre la poursuite de la procédure judiciaire sans risque d’expulsion immédiate.
Le Département américain de la Sécurité intérieure (DHS) a publié un communiqué pour rectifier ce qu’il qualifie d’informations « inexactes et fausses ». Selon le DHS, Mme Santillana Galeano, une immigrante colombienne en situation irrégulière, avait franchi illégalement la frontière sud le 26 mars 2023 et avait été libérée par l’administration Biden. Le DHS affirme également qu’elle avait financé le voyage de ses deux enfants vers les États-Unis, mais qu’ils avaient été interceptés à El Paso, au Texas.
« Le mois dernier, Mme Galeano aurait payé des passeurs pour introduire illégalement ses enfants de 17 et 16 ans aux États-Unis », a précisé le DHS. « Faciliter la traite des êtres humains est un crime. » Les deux mineurs ont été appréhendés le 19 octobre 2023 près d’El Paso, traités comme des mineurs non accompagnés et placés dans un centre d’accueil dans la région de Chicago.
Cette affaire a provoqué l’indignation de plusieurs associations de défense des droits des immigrés, qui demandent des éclaircissements sur les conditions de l’intervention des agents fédéraux dans l’établissement scolaire. Le DHS maintient que l’opération visait uniquement la personne de Mme Santillana Galeano, soupçonnée d’avoir commis des infractions liées à l’immigration, et non la garderie elle-même.
La procédure judiciaire concernant Mme Santillana Galeano se poursuivra dans l’Illinois sous la supervision d’un juge fédéral, tandis que sa défense et le gouvernement colombien s’efforcent de garantir le respect de ses droits consulaires.