Plus de quinze ans après le scandale de l’Arche de Zoé, de nombreuses victimes tchadiennes peinent encore à obtenir justice et une réparation financière promise par les tribunaux. L’affaire, qui avait révélé une tentative d’exfiltration illégale d’enfants, continue de laisser des traces profondes au Tchad.
En 2007, l’ONG française L’Arche de Zoé avait été impliquée dans un projet controversé visant à organiser l’évacuation de 10 000 orphelins du Darfour, au Soudan, vers des familles d’accueil en France. Cependant, une opération menée par les autorités tchadiennes a mis fin à cette initiative. Six membres de l’organisation, dont le fondateur, Éric Breteau, et sa compagne, Émilie Lelouch, ont été arrêtés alors qu’ils s’apprêtaient à embarquer 103 enfants à bord d’un vol à destination de la France.
L’enquête a rapidement révélé que la majorité de ces enfants étaient en réalité des citoyens tchadiens, dont beaucoup n’étaient pas orphelins et avaient encore des parents vivants. Accusés de tentative d’enlèvement, les six humanitaires ont été condamnés par la justice tchadienne à huit ans de travaux forcés. Ils ont ensuite été rapatriés en France, avant de bénéficier d’une grâce présidentielle accordée par Idriss Déby, alors président du Tchad.
La justice française a également ouvert une enquête. En 2013, Éric Breteau et Émilie Lelouch ont été condamnés à deux ans de prison, peine qu’ils ont toujours contestée. Cette condamnation a été suspendue en appel un an plus tard. Par ailleurs, dès 2007, la justice tchadienne avait ordonné le versement d’une indemnisation aux victimes une fois qu’elles auraient atteint l’âge adulte.
À ce stade, nombre de ces victimes continuent de se battre pour obtenir la réparation financière qui leur est due, soulignant les difficultés persistantes liées à la mise en œuvre de cette décision de justice.
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